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Lors d’une réunion publique houleuse mardi, un représentant du sidérurgiste hamiltonien ArcelorMittal Dofasco a déclaré qu’aucune décision n’avait encore été prise concernant son plan de décarbonation, malgré l’approche rapide de l’échéance de 2030 prévue en 2024.
Bien que Gas Gebara, directeur général environnement et énergie de Dofasco, ait reconnu que le calendrier a évolué, il a refusé de donner la moindre indication quant à la date de mise en œuvre du plan ni même concernant sa réalisation au cours des 25 prochaines années.
Il serait irresponsable de communiquer des informations selon lesquelles le projet sera achevé en 2050, a-t-il déclaré lors de la réunion publique virtuelle, qui a lieu chaque trimestre.
Nous ne sommes pas en mesure de communiquer des échéanciers hypothétiques. Nous ne voulons pas induire le public en erreur.
Le discours du géant sidérurgique a radicalement changé depuis 2022, année où Justin Trudeau, alors premier ministre, a visité l’usine dans le cadre de la cérémonie d’inauguration du plan de décarbonation.

Le discours du géant sidérurgique a radicalement changé depuis 2022, année où Justin Trudeau, alors premier ministre, a visité l’usine dans le cadre de la cérémonie d’inauguration du plan de décarbonation.
Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette
Grâce à une subvention de près d’un demi-milliard de dollars des gouvernements fédéral et provincial, Dofasco s’était engagée à opérer une transition du charbon vers des sources d’énergie plus propres, réduisant ainsi ses émissions de 60 % d’ici 2028. L’entreprise est le plus important émetteur de gaz à effet de serre de l’Ontario.
En 2024, une enquête de CBC Hamilton a révélé que Dofasco avait manqué des étapes clés, notamment la démolition d’une ancienne cokerie afin de faire place à une usine de fer préréduit alimentée en gaz naturel, ainsi que la construction d’un gazoduc pour acheminer ce gaz.
À cette époque, le gouvernement fédéral avait fixé l’échéance de réduction des émissions à 2030, soit deux ans de plus que prévu initialement.
L’élection du président Donald Trump a ensuite entraîné l’imposition de tarifs douaniers sur l’industrie sidérurgique canadienne. C’est pourquoi, selon M. Gebara, l’entreprise fait preuve d’une extrême prudence dans toutes ses dépenses.
On nous fait miroiter des espoirs infructueux
La semaine dernière, CBC Hamilton a rapporté qu’une modification du projet avait été publiée sur un site web du gouvernement fédéral. Selon ce changement, l’échéancier contractuel a été mis à jour jusqu’en 2050 et Ottawa fournira 50 millions de dollars supplémentaires, ce qui porte le coût total prévu à près de 2 milliards de dollars.
De plus, au lieu de produire du fer préréduit à Hamilton, ArcelorMittal l’importera de ses usines du Québec.
La modification a été publiée en mars dernier, mais Dofasco n’a annoncé publiquement les changements ni sur son site web ni lors des réunions publiques avant mardi.
Nous avons déjà eu deux incidents de ce genre lorsque CBC Hamilton a mené une enquête et publié ses conclusions. C’est le seul moyen pour nous d’être informés des mises à jour importantes, a déclaré Ian Borsuk, d’Environnement Hamilton, membre du comité de liaison communautaire, lors de la réunion.
À mes yeux, c’est inacceptable, tant du point de vue des relations publiques que de celui du respect fondamental de la communauté. Je suis profondément déçu. J’ai l’impression que [Dofasco] nous fait miroiter des espoirs infructueux.
M. Gebara a réfuté les accusations selon lesquelles l’entreprise fait miroiter des espoirs infondés et a affirmé que celle-ci avait informé le public qu’elle travaillait de manière responsable et par étapes. Le calendrier, a-t-il précisé, dépend de décisions qui n’ont pas encore été finalisées.
Réparations importantes du four à coke
À la réunion, qui rassemblait une soixantaine de personnes, dont des résidents, des chercheurs et des représentants du ministère de l’Environnement, Dofasco a aussi indiqué qu’il prévoyait moderniser au moins une cokerie afin d’en prolonger la durée de vie.
Au cours de la prochaine année, nous allons entreprendre un important programme de réparation des fours afin de réduire les émissions et de maximiser la durée de vie de l’usine, a déclaré Michael Brown, spécialiste principal en environnement chez Dofasco.
L’entreprise prévoit fermer son autre cokerie, et, parallèlement, nous avons du personnel qui se consacre à la réparation et à l’entretien des fours, a-t-il ajouté.

En 2024, Dofasco avait manqué des étapes clés de son plan de décarbonation, dont la démolition d’une ancienne cokerie afin de faire place à une usine de fer préréduit alimentée en gaz naturel, ainsi que la construction d’un gazoduc pour acheminer ce gaz.
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Le site web d’ArcelorMittal n’a pas encore été mis à jour pour refléter les modifications apportées au projet, a indiqué Lynda Lukasik, directrice des initiatives sur les changements climatiques de la Ville, lors de la réunion. Elle a demandé à l’entreprise de mettre à jour le document afin que le public puisse mieux comprendre la situation. Elle a ajouté avoir déjà formulé cette demande à la dernière réunion.
Mme Lukasik a également contesté l’affirmation de M. Gebara selon laquelle il serait irresponsable de communiquer un échéancier au public sous prétexte qu'il pourrait être modifié.
Les gouvernements provincial et fédéral se sont engagés à financer la modernisation; il s’agit de fonds publics, a déclaré Mme Lukasik. Cela devrait d’autant plus justifier la transparence, même en cas d’incertitude.
L’industrie sidérurgique dans une période sans précédent
Jochen Bezner, membre du Comité de liaison communautaire, a déclaré que Dofasco n’avait pas hésité à annoncer un échéancier en 2022 lors de la visite du premier ministre Trudeau et semblait avoir déjà pris des décisions concernant le projet à cette époque.
Vous êtes donc en train de nous dire que toutes les annonces précédentes n’étaient que des annonces provisoires? a-t-il demandé.
M. Gebara a déclaré que beaucoup de choses ont changé depuis 2022 et que l’industrie sidérurgique canadienne évolue dans un contexte sans précédent.
Mais, selon M. Borsuk, Dofasco avait déjà manqué des étapes importantes avant l’imposition des tarifs douaniers. Vous n’avez cité aucun travail concret réalisé sur ce projet avant ou après l’élection de Trump, a-t-il lancé aux représentants de l’entreprise.
Avec les informations de Samantha Beattie, de CBC News


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