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TÉMOIGNAGE - Entre problèmes techniques et piètre qualité des échanges, ils sont nombreux à dénoncer les conditions des interrogatoires à distance avec les prévenus.
Ils ont joué le jeu et laissé sa chance à la pratique depuis la sanglante évasion de Mohamed Amra, le 14 mai 2024. Deux ans plus tard, les juges d’instruction s’inquiètent et dénoncent les effets induits de la visioconférence, devenue quasi obligatoire pour auditionner les détenus les plus dangereux, ceux de la criminalité organisée et du terrorisme.
À la demande des personnels pénitentiaires après le drame d’Incarville où deux de leurs collègues avaient été tués lors d’une extraction, la Chancellerie a publié, le 1er août 2024, une circulaire pour généraliser l’usage de la visioconférence. La résistance des magistrats a fait long feu et ils ont dû s’y mettre dans des conditions qui ne sont pas au rendez-vous. Dans une grande juridiction de l’ouest de la France, il n’existe, par exemple, qu’un seul dispositif de visio pour 15 magistrats.
Des stratégies d’enquête perturbées
«Après Incarville, nous avons connu une augmentation des impossibilités de faire de la part de l’administration pénitentiaire», soulignent plusieurs magistrats…


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