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« Parlez-moi d’Histoire » (Le Figaro TV) : Mao, la terreur avant 1949

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Mao en 1932.

Mao en 1932. Mary Evans/Grenville Collins Postcard Collection/ Bridgeman Images

Les historiens Jean-Philippe Béja et Pierre Rigoulot montrent l’utilisation de la violence bien avant la naissance de la Chine communiste.

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« Mao Tsé-Toung est mort il y a 50 ans, le 9 septembre 1976. Le régime qu’il a dirigé a été l’un des plus meurtriers de l’histoire. Mais ce qu’on ignore souvent c’est que les méthodes de terreur que Mao  a utilisées pendant 25 ans, il les avait mises au point dès les années 1930 et 1940, avant de devenir maître de la Chine en 1949. » Cette réalité rappelée par Guillaume Perrault est au cœur de ce nouveau numéro de « Parlez-moi d’Histoire ». Pour bien la saisir, le présentateur de l’émission du Figaro TV reçoit les historiens Jean-Philippe Béja, sinologue, auteur entre autres de Surveiller et punir en Chine (La Découverte) et Pierre Rigoulot, coauteur notamment du Livre noir du communisme (Bouquins).

Si Mao participe au premier congrès du Parti communiste chinois en 1921, il n’est alors pas encore l’un de ses dirigeants. Le jeune homme, fils d’un paysan aisé, né en décembre 1893 à Shaoshan dans la province du Hunan, travaille ensuite à Canton, où il s’occupe de l’Institut du mouvement paysan. « C’est à partir de 1935 qu’il va devenir relativement important, précise Jean-Philippe Béja. Puisqu’il retourne dans sa province natale et il y voit la révolte des paysans, extrêmement violente. C’est là qu’il écrira dans son rapport la fameuse phrase : La révolution n’est pas un dîner de gala, c’est au contraire un mouvement de violence par lequel une classe en renverse une autre. Et c’est là qu’il va avoir véritablement cette fascination pour la violence et pour la manière de traiter ceux qu’on appelle les ennemis de classe. »

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Élimination des opposants

À partir du début des années 1930, Mao expérimente les techniques d’élimination de ses opposants au sein du Parti communiste. Dans la province du Jiangxi, il mène, à partir de février 1930, une répression féroce contre la Ligue AB, deux lettres qui signifient, pour une partie des historiens, anti-bolcheviks. « C’est modelé sur les luttes à l’intérieur du parti soviétique, je ne le nie pas, confie Jean-Philippe Béja. Simplement sur AB il n’y a pas de consensus. (…) Cette ligue, on ne sait pas ce que c’est, qu’est-ce qu’elle veut, quel est son programme politique. Personne n’en a jamais parlé. Simplement, vous êtes membres la Ligue AB donc vous êtes un ennemi. Et cela va concerner un grand nombre de personnes. Il y aura près de 10 000 exécutions. »

Face à cette purge, la direction du parti à Shanghaï soutient Mao. Même si finalement Zhou Enlai et Deng Xiaoping, après être venus en tournée au Jiangxi, demandent à Mao de mettre fin aux excès de la répression. Ce dernier, avec une cruauté et un cynisme sans limite, fait alors éliminer ceux qui l’ont servi.

Pierre Rigoulot décrypte le mécanisme de la terreur. « Il y a cette idée qu’à mesure que la révolution avance, il y a des ennemis qui en son sein se manifestent et qu’il s’agit de briser. Mais je voudrais insister sur les méthodes qui ont été employées. J’ai été très frappé par l’usage de la torture. La plupart des gens qui évoquent cette période décrivent des personnes qui sont torturées pour dénoncer des complices. »

À Yan’an, dans le Shaanxi, ville où s’achève la Longue Marche (1934-1935), Mao organise, entre 1937 et 1947, sa prise de pouvoir. Le futur Grand Timonier y confirme ses méthodes de terreur. En 1942, la publication par le dissident communiste Wang Shiwei du texte Les Lys sauvages, entraîne son arrestation suivie de son exécution en 1947. Ceci dans le cadre, précise Jean-Philippe Béja, du « grand mouvement de rectification (…) au cours duquel des dirigeants, des milliers de cadres vont être enfermés, torturés et d’autres envoyés à la campagne ». Le règne du dictateur pouvait commencer.

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