Le multimilliardaire américain est attendu, en audition libre, dans le cadre d’une enquête sur son réseau social X (ex-Twitter).

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 11:45 - Temps de lecture :

Les dérives du réseau social d’Elon Musk sont dans le viseur des enquêteurs français.  Photo  SIPA/Mark Schiefelbein Les dérives du réseau social d’Elon Musk sont dans le viseur des enquêteurs français.  Photo SIPA/Mark Schiefelbein

La justice française attend Elon Musk de pied ferme. Le multimilliardaire américain - patron de Tesla, Space X et X (ex-Twitter) - répondra-t-il à la convocation du parquet de Paris ?

Le multimilliardaire américain est attendu lundi, en audition libre, dans le cadre de l’enquête menée par la justice française sur son réseau social X (ex-Twitter). Qu’Elon Musk honore, ou pas (option la plus probable) cette convocation, l’enquête se poursuivra, a prévenu le parquet.

Sur quoi portent les investigations ?

Les investigations portent notamment sur des soupçons de complicité « de détention d’images » à « caractère pédopornographique » ou de « contestation de crime contre l’humanité ». Début février, la justice avait diligenté une perquisition dans les locaux de X et convoqué l’homme de 54 ans à venir s’expliquer, dans le cadre d’une enquête sur les dérives présumées de son réseau social.

Elon Musk ainsi que l’ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, sont visés « en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », avait expliqué la procureure de Paris, Laure Beccuau. La société X est visée par une enquête préliminaire, partie de signalements début 2025 dénonçant un biais dans ses algorithmes.

L’enquête a ensuite été élargie, après d’autres signalements notamment sur le fonctionnement de Grok, l’outil d’intelligence artificielle intégrée au réseau social X, ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de « deepfakes », c’est-à-dire de montages hyper-réalistes, à caractère sexuel. Pour la procureure de Paris, les auditions libres « des dirigeants doivent leur permettre d’exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées ».

« La conduite de cette enquête s’inscrit à ce stade dans une démarche constructive », a indiqué la magistrate, « dans l’objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises ». Des salariés de X sont également convoqués de lundi à jeudi « pour être entendus en qualité de témoin ».

Quelle implication des autorités américaines ?

Dans une publication, le réseau social X avait dénoncé un « acte judiciaire abusif » reposant « sur des motivations politiques » et réfuté toute infraction. Il assurait qu’il ne se laisserait « pas intimider ». Le réseau social dit que « le parquet de Paris tente manifestement d’exercer une pression sur la direction générale de X aux États-Unis en visant (son) entité française ».

La justice française a également adressé un signalement aux autorités américaines. Vendredi, celles-ci ont pris position en soutien à X, selon un courrier adressé aux Français, dont le Wall Street Journal s’est fait l‘écho samedi.

Le bureau des affaires internationales du ministère américain de la Justice y estime que l’enquête parisienne va à l’encontre du premier amendement de la Constitution fédérale sur la liberté d’expression. Les demandes aux autorités américaines « constituent une tentative d’impliquer les États-Unis dans une procédure pénale politiquement sensible visant […] à réglementer abusivement » les activités de X, selon la lettre citée par le quotidien.

Que répond Elon Musk ?

Le patron de X France, Laurent Buanec, avait assuré le 22 janvier 2025 que X avait « des règles strictes, claires et publiques visant à protéger la plateforme des discours de haine » et que son algorithme était « construit de manière à éviter de […] proposer des contenus de type haineux ».

La tension était encore montée mi-mars lorsque le parquet de Paris avait signalé aux autorités américaines une possible « valorisation artificielle » des sociétés X et xAI par l’homme le plus riche du monde, dans le sillage de la polémique suscitée par les « deepfakes » à caractère sexuel générés par Grok. À l’époque, Elon Musk, sur X et en français dans le texte avait été cinglant : « Ce sont des attardés mentaux. »

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