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  • Les pompiers mobilisés pour « clamer leur colère » et réclamer davantage de moyens

Les huit syndicats de l'intersyndicale sont installés sur le Champ-de-Mars à Paris pour réclamer des embauches, une meilleure protection de leur santé et un recentrage de leurs missions.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 17:02 | mis à jour aujourd'hui à 17:03 - Temps de lecture :

Plus de 2600 pompiers sont en grève en moyenne chaque jour depuis le début du mouvement. Photo d'illustration Sipa / Michel Gile Plus de 2600 pompiers sont en grève en moyenne chaque jour depuis le début du mouvement. Photo d'illustration Sipa / Michel Gile

Au pied de la tour Eiffel et sous l'œil des touristes, des syndicats de pompiers professionnels ont installé dimanche un campement pour signifier leur « colère », prévoyant de déambuler lundi puis de défiler mardi à Paris, point d'orgue de trois semaines de mobilisation pour obtenir des moyens supplémentaires. Depuis le 8 septembre, date du début du préavis de grève déposé par les neuf syndicats représentatifs des quelque 44 000 pompiers professionnels (hors militaires), ils ont multiplié banderoles, magnets et inscriptions sur les camions pour signifier leur « colère ». 

Les huit syndicats de l'intersyndicale ont lancé dimanche matin sur le Champ-de-Mars à Paris leur « colonne de renfort de la colère », explique David Saquet, d'Unsa Sapeurs-Pompiers, pour rencontrer la population et les élus « et leur dire ce qu'on a sur le cœur, leur afficher notre colère pacifique » et « notre détermination à se faire entendre auprès du gouvernement ». Une déambulation dans la capitale est prévue lundi avant une participation mardi à la manifestation de la fonction publique à l'appel d'une large intersyndicale mobilisée pour une revalorisation des rémunérations et des moyens budgétaires.

Des embauches et des moyens

Les pompiers professionnels ont déposé un préavis de grève qui court jusqu'au 20 octobre mais « hors de question qu'on lève le préavis tant qu'on n'a pas obtenu satisfaction », assure Rémy Chabbouh, de SUD Sdis. Sur sa tenue de pompier, il a accroché un badge « En grève », comme d'autres de ses collègues présents à Paris. Les pompiers professionnels - des agents territoriaux -, comme les quelque 200 000 pompiers volontaires, réclament des embauches, une meilleure protection de leur santé et un recentrage de leurs missions.

Les pompiers se disent éreintés après une intense saison des feux, confrontés au premier pyrocumulonimbus - ou « orage de feu » - observé en France. Depuis janvier, quelque 98 000 hectares ont brûlé, un record depuis cinquante ans, et selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, toutes interventions confondues, huit pompiers sont morts.

Alors avant que le projecteur médiatique ne s'éteigne et avant surtout l'examen du projet de financement prévu le 20 octobre - date jusqu'à laquelle courent les préavis de grève -, les pompiers essaient de se faire entendre sur plusieurs dossiers. Le premier concerne le projet de loi dit de modernisation de la sécurité civile dont une première synthèse a été présentée le 8 septembre. Ce texte non seulement « ne satisfait personne » mais fait même « l'unanimité contre lui » et est « fait pour être auto-sabordé », assène Frédéric Monchy, du syndicat SNSPP-PATS, qui organise mardi une journée de solidarité avec les habitants du Porge en Gironde, où 183 maisons ont brûlé lors du mégafeu de juillet.

Un autre dossier, intriqué dans le premier, concerne les mesures financières, qui devraient figurer dans le projet de loi de finances. Mais pour l'instant, « on ne sait rien » des pistes nouvelles de financement pour les Sdis, commente Frédéric Monchy, si ce n'est l'effort budgétaire global de 54 milliards d'euros d'économies à faire en 2027. Sollicitée, la direction de la Sécurité civile dit que depuis le 8 septembre ont été comptabilisés « par jour, en moyenne » 2 682 pompiers professionnels en grève (soit 9,3% des effectifs globaux).

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