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Lors de son audition à la commission d’enquête parlementaire, l’animateur de «N’oubliez pas les paroles» a voulu «détendre l’atmosphère» en posant des questions au président.
Ce mercredi 1er avril, Nagui est auditionné par les députés de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public. Comme il fallait s’en douter, les échanges ont été particulièrement houleux notamment entre l’animateur-producteur et Charles Alloncle.
En fin d’année 2025, le député UDR a déclaré que Nagui serait «la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichi sur l’argent public en France devant n’importe quel patron d’entreprise publique, devant n’importe quel haut fonctionnaire». Des accusations auxquelles le présentateur de «Taratata», «N’oubliez pas les paroles» et «Intervilles» sur France 2 a répondu par un (très) long message publié sur son compte Instagram et qui s’est conclu par : «Je vous proposerais de nous retrouver face au tribunal, non plus celui des réseaux sociaux, ni celui des médias d’opinion, non, un tribunal, un vrai».
Dès les premières minutes de son audition, Nagui a donné le ton en reprochant à Charles Alloncle d’avoir mis «[sa] famille en danger». Ce dernier a répliqué en estimant qu’à cause du message de l’animateur-producteur, il est, lui-même, visé par des menaces de mort. Le président de la commission d’enquête (Horizons) Jérémie Patrier-Leitus est alors intervenu : «On ne va pas jouer à qui est le plus menacé».
Bien que tendue tout du long, l’audition a connu quelques instants de détente. Comme lorsque Nagui a proposé à Jérémie Patrier-Leitus de jouer à un jeu. Au fil des échanges, Charles Alloncle a souhaité revenir sur l’emploi des intermittents. Le député UDR a ainsi évoqué le cas d’un danseur de «N’oubliez pas les paroles» qui a publié, le 12 novembre 2025, une vidéo dans laquelle il a décrit des conditions de travail éprouvantes. « C’est le pire taf que vous pouvez faire en tant que danseur. On arrive à 8 heures, on repart à 20 heures, douze émissions, c’est énorme », a cité Charles Alloncle. «Selon Patrick Sébastien [auditionné la veille, NDLR], vous payeriez certains de vos employés 100 euros par jour pour douze heures de travail extrêmement intenses, c’est-à-dire moins que le SMIC horaire», a ajouté le rapporteur.
Je n’ai pas le droit de vous poser des questions, c’est ça ?
Nagui lors de son audition à la commission d’enquête parlementaireEn réponse, Nagui a assuré «respecter les conventions collectives». «Nous sommes soucieux des conditions de travail de toutes les personnes présentes sur le plateau. Et les artistes dont vous parlez, que j’appelle les ambianceurs, sont des intermittents du spectacle. Ils sont payés au cachet, en effet. Ce sont les minima sociaux de leur statut de figurant, de danseur, sans avoir à intervenir dans l’émission. La somme qui a été avancée n’est pas la bonne. Je suis désolé pour mon confrère, mais c’est 50 % de plus que ce qui est annoncé», a-t-il affirmé.
Selon le producteur, ces intermittents se relaient au fil de la journée de tournage. «Vous imaginez bien que jamais personne, sous emprise d’aucun produit, ne peut danser, se trémousser pendant quatorze émissions sans se reposer, sans aller boire un coup, à part moi, parce que moi, je reste sur le plateau, mais sans emprise de quoi que ce soit, je vous rassure», a-t-il poursuivi.
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Il a ensuite évoqué la cadence des tournages. «Pourquoi arriver jusqu’à quatorze émissions par jour ? Au début, nous étions à six, sept émissions par jour. Puis, on est passé à huit, puis à dix, puis à douze et en effet, à quatorze de temps en temps. Pensez-vous sincèrement que c’est pour le plaisir de gagner plus ? Et que moi-même, avec mes 64 ans, il n’y a pas un moment où je suis crevé, où j’ai envie de m’asseoir, où j’ai envie de me reposer ?», a-t-il demandé expliquant que la raison se trouve dans les baisses de budget. «Avez-vous étudié quelle est la baisse entre la première minute de “N’oubliez pas les paroles” et la minute actuelle de “N’oubliez pas les paroles” ? Avez-vous une idée de la différence de prix, de production entre...», a-t-il continué avant de se rendre compte : «Je n’ai pas le droit de vous poser des questions, c’est ça ?».
Sans être déstabilisé, Nagui a continué avec un certain humour. «Dommage. Je vais répondre à la question ou alors, monsieur le président, vous voulez jouer ?», a-t-il proposé à Jérémie Patrier-Leitus. Rapidement, l’animateur-producteur a compris qu’il avait été trop loin. «C’est pas un jeu, je le sais», a-t-il réagi tout en s’excusant : «Pardon, c’est plus fort que moi». Face à lui, le président de la commission a alors rappelé : «Restons dans le cadre de cette commission d’enquête». «Excusez-moi, je voulais juste détendre l’atmosphère», s’est justifié Nagui.


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