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Le maire d’Edmundston voit rouge. La région a connu deux pannes d’électricité majeures en une semaine. Le maire demande l’intervention immédiate du gouvernement pour « prendre soin des gens d’Edmundston. »
Cette panne a débuté tôt mercredi et a privé d'électricité plus de 5000 résidents d’Edmundston et du Madawaska pendant environ huit heures. Des écoles et plusieurs commerces ont dû fermer leurs portes pour la journée.
La ligne 70 pose encore problème
Selon la porte-parole d'Énergie NB Tracey Stephenson, la panne a été causée par un isolateur endommagé sur la structure n° 1 de la ligne L0070, située à l’extérieur du poste situé à Iroquois à Saint-Basile.

La ligne de transmission 70 d'Énergie NB était en cause dans la panne qui a frappé le Madawaska mercredi matin.
Photo : Radio-Canada / Yves Levesque
Cette ligne de transmission se trouve entre la sous-station Iroquois et le parc industriel d’Edmundston Nord. Le remplacement de la ligne 70 et l’augmentation de sa capacité sont demandés par les maires et les entrepreneurs de la région depuis plusieurs années.
En point de presse mercredi, le maire d’Edmundston est visiblement excédé. Il s’agit de la deuxième panne majeure en sept jours.
On a une panne de transmission avec Énergie Nouveau-Brunswick pour un service essentiel, dit-il. Aujourd’hui, on le sait, c’est une conséquence directe d’une infrastructure de transmission qui est carrément finie.

Le maire d'Edmundston, Éric Marquis, a tenu une conférence de presse mercredi.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Le maire évoque des pertes de revenus pour des entrepreneurs de la région. Cette panne a aussi compliqué l’alimentation en électricité de l’hôpital, des résidences pour personnes âgées et des industries.
Pour lui, ce problème récurrent a assez duré. Il craint que la situation vienne nuire à la réputation de la municipalité, qui fait tout ce qu’elle peut pour attirer des entreprises dans la région et créer de l’emploi.
Il y a juste ici que ça se passe
Le maire sait qu’il a les mains liées et que c’est Énergie NB qui doit faire réparer cette ligne de transmission. Il ne peut que réitérer ses demandes, dont un plan de contingence lorsque celle-ci ne peut plus alimenter les sous-stations.
Il veut aussi qu’un échéancier sur les travaux de réparation sur cette ligne soit rendu public. On veut avoir des dates.
À long terme, le maire souhaite qu’une deuxième ligne de transmission puisse fournir la ville d’Edmundston et les gens du Haut-Madawaska.
Éric Marquis demande une rencontre d’urgence avec le ministre de l’Énergie, la direction d'Énergie NB et la première ministre Susan Holt dans les prochains jours.
Vous ne voyez pas ça ailleurs dans la province du Nouveau-Brunswick. Il y a juste ici que ça se passe.
C’est inacceptable. Edmundston ne peut pas se permettre d’attendre cinq, six, sept ans. Nos citoyens méritent mieux.
Des entrepreneurs à bout de nerfs
Plusieurs citoyens et entrepreneurs rencontrés mercredi partagent les sentiments du maire. Ils racontent que la région connaît de plus en plus de pannes, qui sont d’une durée de plus en plus longue.
C’est tout un casse-tête à gérer à l’érablière Yves Plourde d’Edmundston. Si le courant ne revient pas avant ce soir, c’est 100 000 $ par jour qu’on perd [...] ça nous fait mal à plein, dit l’acériculteur et propriétaire Marc-André Plourde.

Marc-André Plourde estime qu’il n’aura d’autre choix que s’équiper de génératrices, un investissement non négligeables, mais nécessaire, selon lui.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Les érables coulent, mais nous autres ça run sur un réseau de tubulures. Ça prend des pompes pour extraire l’eau des relâcheurs pour l’envoyer dans les bassins. [....] c’est pas comme dans le temps que c’était à la chaudière; on dépend de l’électricité.
Il estime qu’il n’aura d’autre choix que de s’équiper de génératrices, un investissement non négligeable, mais nécessaire.
Si les pannes de courant continuent d’être fréquentes de même, il va falloir faire de quoi.
Le propriétaire de la cantine Chez Mel, Derek Desjardins, abonde dans le même sens. Ce restaurant a un système au propane qui lui permet de rester ouvert, mais une panne comme celle-ci implique une baisse de clientèle et un inventaire qui risque d’être perdu.

Le propriétaire de la cantine Chez Mel, Derek Desjardins.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
On s’adapte. Faut qu’on investisse dans une génératrice, faut qu’on investisse dans quelque chose pour être capable de continuer d’opérer parce qu’on n’a pas le temps de prendre une journée de congé pour le fun.
En ce sens, Alain Lacombe, propriétaire du groupe EMS à Edmundston, constate une nette augmentation des ventes de génératrices au cours des trois dernières années, mais encore plus cette année, par des citoyens et des entreprises.

Alain Lacombe est propriétaire du Groupe EMS, qui vend des génératrices à Edmundston.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Il attribue cette augmentation aux pannes de plus en plus fréquentes. Je dirais qu’on a doublé carrément nos ventes en génératrices dans la dernière année , constate-t-il.
Avec les informations d'Allyson Dubé


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