Selon une note du Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), consultée par Europe 1, la vente de protoxyde d'azote s'est banalisée chez les jeunes au moyen d'une stratégique marketing bien huilée.
Le protoxyde d'azote, souvent détourné comme gaz hilarant, est devenu un véritable fléau sur les routes françaises. Cette semaine, une jeune femme de 20 ans est décédée dans un accident de la route où deux bonbonnes de cette substance et des ballons de baudruche ont été retrouvés.
Une note récente du Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), consultée par Europe 1, détaille la vente de ce produit qui s'est banalisée chez les jeunes.
Une clientèle de plus en plus jeune
Cela tient à une stratégie marketing bien huilée. Pour promouvoir le protoxyde d'azote, les revendeurs reprennent les codes de l'univers des confiseries. Packaging coloré et festif sur les réseaux sociaux, les bonbonnes sont présentées comme des produits ludiques, avec des arômes attractifs (tequila-pomme, kiwi-fraise, fruits de la passion...).
Tout est fait pour attirer des adolescents qui ne voient pas le danger de cette substance, explique Arnaud Dalbis, président de l'association Stop ballons. "Le produit paraît tellement légal, propre, beau, qu'ils ne pensent pas aux effets secondaires ni à la toxicité du produit. Au début, c'était une clientèle dans les 25, 30, 35 ans. Là, c'est parti dans les 14, 15 ans, et beaucoup de filles", affirme-t-il auprès d'Europe 1.
"Un marché similaire à celui de la drogue"
Le trafic de bonbonnes s'organise avec des offres accessibles à tous les prix, de 1 à 60 euros. Là encore, les revendeurs usent de stratégie marketing. "Deux bonbonnes achetées, la troisième offerte", peut-on lire sur certaines annonces.
"Il y a un marché similaire à celui de la drogue", souligne Arnaud Dalbis. "Il y a les grossistes, les demi-gros, les revendeurs, les rabatteurs, les livreurs... Tout un système se met en place." Le protoxyde d'azote profite encore de son statut légal, mais un projet de loi prévoit de créer un délit pour son usage détourné. Il serait puni au même niveau que l'usage de stupéfiants.


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