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Les médias devraient entreprendre une réflexion sur la séquence d’événements et la « folie médiatique » qui ont eu raison de son poste à la tête du Parti libéral du Québec (PLQ), plaide Pablo Rodriguez.
L’ancien politicien reproche aux médias de l’avoir « crucifié sur la place publique sur la base d’informations qui n’ont jamais été vérifiées ou prouvées » lors de la crise qui a touché son parti à la fin de l’année 2025.
M. Rodriguez suggère par exemple que le Conseil de presse du Québec, qui traite les plaintes visant les journalistes dans la plupart des médias, devrait avoir plus « de dents ». Il estime aussi que les médias pourraient expliquer plus « clairement » « quelles sont les étapes qui ont été suivies pour s’assurer de la validité de l’information ».
Depuis deux jours, M. Rodriguez multiplie les entrevues pour s’assurer que tous sachent que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et le Directeur général des élections (DGEQ) n’ont rien trouvé à lui reprocher en lien avec des irrégularités lors de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec.
En novembre, des médias avaient publié des copies de messages texte anonymes qui laissaient penser que des membres du PLQ avaient pu être payés pour le soutenir durant la course à la chefferie. Ces publications suivaient de peu le congédiement par la cheffe parlementaire Marwah Rizqy de la cheffe de cabinet de M. Rodriguez, Geneviève Hinse.
Privé de la confiance de ses députés, M. Rodriguez avait annoncé sa démission le 17 décembre.
Huit mois plus tard, il reproche aux médias d’avoir donné trop d’importance aux textos anonymes qui semblaient l’incriminer à l’époque, mais dont l’origine n’a jamais été établie publiquement depuis et dont certains contestent la validité. « Il n’y avait pas d’espace politique. Il n’y avait pas d’oxygène pour un contre-message. C’était devenu la vérité. S’il y avait une allégation à mon égard, ça devenait un fait. »
Même si M. Rodriguez n’a pas été mis en cause dans le cadre des enquêtes de l’UPAC et du DGEQ menées ces derniers mois, des accusations ou des constats d’infraction pourraient être déposés contre d’autres personnes en lien avec des gestes illégaux survenus dans le cadre de la course à la chefferie.
Le Journal de Montréal avait notamment révélé qu’un homme d’affaires avait remis des enveloppes de 500 $ comptant à des militants du parti lors d’une fête dans sa résidence.
L’UPAC a confirmé cette semaine avoir transmis son dossier d’enquête au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui décidera s’il porte ou non des accusations dans cette affaire. Le DGEQ a aussi confirmé que ses démarches d’enquêtes étaient terminées et qu’un rapport était en rédaction, dont le contenu doit rester confidentiel, mais qui pourrait mener à l’émission de constats d’infractions.
« Ma carrière est finie »
Pablo Rodriguez se défend de vouloir forcer les médias à dévoiler leurs sources. « Jamais », dit-il. « C’est fondamental de protéger la confidentialité des sources, mais je pense que les médias ont aussi la responsabilité d’expliquer ce qu’ils ont fait pour vérifier la validité de l’information reçue sans dénoncer les sources. »
Il affirme qu’une « folie médiatique » s’est emparée du milieu à la fin de l’année 2025. « On essayait de placer un message, et ça, c’était impossible, on demandait les faits ou une preuve des faits, il n’y en avait pas. »
Malgré ces griefs, M. Rodriguez n’a pas songé et ne songe toujours pas à intenter des recours devant le Conseil de presse du Québec ou devant les tribunaux. « Je devais attendre que les enquêtes aient lieu et se déroulent, et ça a été extrêmement long », dit-il. « Ils ont posé toutes les questions sous tous les angles, ils ont vérifié partout, pour finalement arriver à la conclusion qu’il y avait eu rien de mal. Mais cela dit, ma carrière est finie, pareil, sur la base de rien. »


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