Dernièrement, deux entreprises britanniques ont mis au point un satellite très particulier, dont l’antenne a été fabriquée à l’aide un moyen habituellement utilisé dans l’industrie textile : une machine à tisser. Pourquoi les fabricants ont fait ce curieux choix ?
Une antenne aussi souple et légère que performante
La société Surrey Satellite Technology Limited (SSTL) est le leader britannique en matière de conception, de fabrication et d’exploitation de petits satellites pour des missions d’observation de la Terre, de communication, de navigation et d’exploration. Cette dernière a récemment collaboré avec Oxford Space Systems (OSS), une autre entreprise dont la spécialité est la fabrication d’antennes et de structures déployables innovantes pour les satellites. Dans un communiqué, ces deux entités ont détaille leur projet commun : le satellite CarbSAR.
La principale caractéristique du satellite n’est autre que son antenne, fabriquée à l’aide d’une machine à tricoter les pulls. Il s’agit bel et bien d’une machine industrielle standard, disponible dans le commerce. Une modification est toutefois à noter, permettant à la machine de tricoter les « fils spéciaux » produits par OSS. Selon les responsables du projet, cette approche a permis de fabriquer une antenne radar plus souple et moins lourde que celles que l’on trouve habituellement. Ainsi, la structure se déploie très facilement dans l’espace et ce, tout en conservant le degré de précision désiré.
Dans les faits, l’antenne parabolique en question se compose d’un mélange de fil de tungstène – un métal résistant à une température jusqu’à 400°C – recouvert d’or. Après le tissage, les scientifiques ont utilisé les fils pour obtenir plusieurs disques de 3 mm de largeur. Une fois le matériau tendu sur des nervures en fibre de carbone, les disques ont été placés de manière à ce que le satellite et son antenne puissent aisément se replier sur eux-mêmes. Ainsi, l’objet d’une masse d’environ 136 kg mesure seulement 75 cm de largeur au moment du lancement.
Crédit : Oxford Space Systems (OSS)
Un satellite déjà en orbite et déjà fonctionnel
Il s’avère que le satellite CarbSAR a déjà fait l’objet d’un lancement début janvier 2026 et se trouve aujourd’hui en orbite autour de notre planète. SSTL a confirmé le bon fonctionnement de l’engin, après la réception des premiers signaux. Selon Andrew Cawthorne, directeur général de la société, la mission démontre la puissance de l’association de la plateforme Carbonite et de l’électronique SAR, une technologie radar performante. Pour rappel, Carbonite est le nom de la série de satellites de SSTL, ayant débuté en 2015 avec le Carbonite-1. Rappelons au passage que Surrey Satellite Technology Limited développe depuis les années 1980 une stratégie de satellites compacts. Il est question de petits satellites d’environ 100 kg capables de prendre en charge plusieurs types de capteurs, notamment des charges utiles optiques, infrarouges et bien sûr, l’électronique SAR.
« La surveillance, la détection des changements et l’analyse des mégadonnées suscitent un intérêt croissant pour les données SAR spatiales, permettant une imagerie de jour comme de nuit et par tous les temps à une cadence supérieure à celle de n’importe quel satellite individuel. Ceci engendre une demande pour des satellites radar beaucoup plus petits, pouvant être lancés en groupes dans un volume de lancement limité. Toutefois, il reste souhaitable de conserver une grande antenne pour une meilleure qualité d’image. », peut-on lire dans le communiqué.
Enfin, cette démonstration devrait permettre à Oxford Space Systems d’accélérer le développement de son antenne avec à la clé, une potentielle mise sur le marché. De plus, cette société a reçu le soutien du National Security Strategic Investment Fund (NSSIF), un fonds d’investissement du Royaume-Uni pour la sécurité nationale.


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