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La guerre au Moyen-Orient cause nombre d’annulations de vols. Une famille de la Manche, en vacances en Thaïlande, patiente depuis le 28 février pour rentrer à La Glacerie.
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Par Rédaction La Presse de la Manche Publié le 5 mars 2026 à 21h21
Partis pour deux semaines de dépaysement, Virginie et Gauthier Buard et leurs trois garçons, habitants de la Manche, plus précisément à La Glacerie, pensaient rentrer en France fin février 2026. Mais leur retour a été brutalement stoppé par la fermeture de certains espaces aériens à cause de la guerre au Moyen-Orient. Depuis plusieurs jours, la famille se retrouve bloquée à Phuket, en Thaïlande, et sans information de la compagnie aérienne.
Le 15 février, la famille Buard quitte Paris direction la Thaïlande. Au programme, deux semaines de vacances avec leurs trois fils de 21, 16 et 14 ans.
L’itinéraire est préparé avec une agence locale pour les excursions, tandis que les vols ont été réservés séparément. « Le voyage s’est déroulé sans problème. On a beaucoup bougé dans le pays et tout s’est très bien passé », raconte Virginie Buard. Le retour est prévu samedi 28 février, depuis l’aéroport de Phuket, avec une escale à Abou Dhabi. Le vol doit décoller à 21 heures.
Très vite, l’attente s’éternise
« Le personnel était là, les comptoirs ouverts, mais rien n’avançait. Les gens commençaient à s’asseoir par terre, certains s’allongeaient. On trouvait ça étrange », se souvient-elle. Au début, les passagers imaginent un simple problème technique. Dans la file, des voyageurs belges évoquent même une histoire d’amiante dans l’avion.
Pendant ce temps, Gauthier consulte l’actualité sur son téléphone. Les premières informations circulent sur des attaques de drones et des explosions en Iran et aux Émirats arabes unis.
« De fil en aiguille, la nouvelle s’est propagée dans la file. On a compris qu’il se passait quelque chose », explique Virginie. Autour d’eux, le personnel de la compagnie s’agite, sans fournir d’explications. Deux à trois heures passent dans une grande confusion. « On voyait les employés courir dans tous les sens mais personne ne nous disait rien. »
Si certains passagers avaient pu accéder à la salle d’embarquement, ils ont été finalement priés de descendre de l’avion, bagages à la main. Pour seule information, un numéro de téléphone et un QR code sont affichés sur un écran. Puis, brusquement, l’annonce tombe. « Un monsieur nous dit en anglais : Le vol est annulé ». La suite se déroule dans la précipitation.
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On devait courir après les informations. Le personnel est parti très vite, presque en fuyant.
La famille tente alors de joindre la compagnie aérienne, sans succès. Sur les écrans de l’aéroport, le vol reste pourtant indiqué comme « retardé » et non annulé. Dans l’incertitude, la famille décide d’attendre.
Autour d’eux, de nombreux voyageurs quittent progressivement les lieux pour chercher un hôtel. Avec un petit groupe de passagers belges, ils se rendent au bureau de la compagnie dans l’aéroport. Mais le guichet est déjà fermé, bien avant l’horaire annoncé. « On ne savait plus quoi faire. Le vol était toujours affiché comme retardé, mais il n’y avait plus personne pour nous renseigner. » La famille finit par chercher un hôtel en urgence dans une ville déjà saturée.
Le sentiment d’être livrés à eux-mêmes
Depuis ce soir-là, les Buard tentent de trouver une solution pour rentrer en France. Un mail de confirmation de l’annulation du vol leur parvient finalement dans la nuit. Mais depuis, silence radio. « On a envoyé des mails, des messages sur les réseaux sociaux, essayé de joindre la compagnie. On n’a jamais eu de réponse », raconte Virginie.
La famille a également tenté de contacter les services français. « On nous a dit que l’ambassade ne pouvait rien faire. On a vraiment l’impression d’être abandonnés. »
Dans le même temps, certains passagers racontent avoir été pris en charge ailleurs en Thaïlande. « Des Bretons rencontrés sur place nous ont expliqué que leurs parents, bloqués à Bangkok avec la même compagnie, avaient eu l’hôtel et les repas payés pendant trois jours ». Ce qui n’est pas le cas pour cette famille.
Des billets hors de prix
Face à l’absence de solution officielle, les Buard passent leurs journées à scruter les comparateurs de vols. Mais les prix flambent.
Les billets sont parfois quatre fois plus chers que d’habitude. Pour cinq personnes, on voit des montants entre 20 000 et 60 000 euros. C’est impossible pour nous.
Certaines propositions passent même par des itinéraires improbables ou des compagnies peu rassurantes. « On a vu des trajets via des compagnies blacklistées. On ne va pas prendre n’importe quoi non plus. » Une amie d’amie, agent de voyages à Caen, tente de les aider à distance et leur a trouvé un vol jeudi 12 mars. Reste à espérer que celui-ci puisse décoller.
Une situation compliquée pour toute la famille
Au-delà du stress du voyage, la situation pèse aussi sur leur quotidien. Le fils aîné, étudiant en troisième année de DUT, devait passer ses derniers partiels et finaliser son inscription en école d’ingénieur. « Il a jusqu’au 16 pour rendre son dossier. Il essaie de rassembler les pièces à distance, mais c’est très compliqué. »
Les deux plus jeunes ratent également des cours importants. Pour les parents, du côté professionnel, la situation est tout aussi délicate. Gauthier travaille dans le commerce sur rendez-vous. « Un mois sans clients, c’est un mois sans salaire », explique son épouse. Elle-même est secrétaire dans une entreprise et a dû poser des congés sans solde. « Ce ne sont pas des vacances. On passe nos journées à chercher des vols et à gérer les démarches. »
Solidarité entre voyageurs bloqués
À Phuket, les hôtels se remplissent peu à peu de voyageurs coincés comme eux. Les Buard changent régulièrement d’établissement pour limiter les dépenses. « On change parfois tous les jours. Les hôtels sont pleins de touristes européens dans la même situation. »
Peu à peu, une petite communauté d’entraide s’est créée entre passagers. « On s’échange les informations, on se rassure, on partage les bons plans. » Malgré tout, la fatigue se fait sentir. « On dort mal, on passe des nuits à chercher des solutions. »
Depuis La Glacerie, la famille et les amis suivent la situation de près. La mère de Virginie Buard, âgée, s’inquiète beaucoup. « Les voisins passent la voir pour la rassurer. » La famille tient à remercier les amis et les proches qui les soutiennent. « Les messages nous aident énormément. » Malgré l’incertitude, « le plus important, c’est que tout le monde soit en sécurité. Pour le reste, on finira bien par rentrer. »
De notre correspondante Laure GHANNAM
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