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ENQUÊTE - Salim et Enzo ont été paralysés suite à l’inhalation de ce produit contre lequel les autorités semblent démunies. Les consommateurs sont souvent jeunes et anxieux, sans beaucoup de repères. Le coût de leur soin repose sur la société.
Sur le passage piéton qui mène à la mairie de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), Salim traîne sa jambe gauche. Un peu moins que dix jours plus tôt. On est en juillet. Bientôt plus personne ne pourra soupçonner qu’à 20 ans, ce chauffeur de bus est un miraculé du protoxyde d’azote. Pas d’un des nombreux accidents causés par ceux qui prennent la route et blessent voire tuent parce qu’ils ont soudain perdu la vue ou le contrôle de leur véhicule après en avoir inhalé. Mais de sa consommation au départ «festive» qui l’a conduit à être paralysé. Sevré, il nous a raconté pour en dégoûter les autres l’engrenage par lequel il est devenu addict à «cette merde» dont les vieux ados et jeunes adultes occidentaux sont friands - en France, les consommateurs ont en moyenne 25 ans.
De 2020 à 2023, les problèmes de santé graves liés à l’usage détourné de ce produit ont été multipliés par 3,8 (1) selon un rapport de Santé Publique France. En janvier, déplorant la hausse de la mortalité routière (+ 2,1 % en métropole, + 6 % en outre-mer), la ministre Marie-Pierre Vedrenne a dénoncé le rôle joué par le protoxyde. Au contraire des autres produits considérés comme toxiques en soi, type cannabis ou cocaïne, les filles en prennent autant que les garçons, voire plus selon nos interlocuteurs. Pas chère, rarement couplée à une autre substance, c’est la drogue des cassos et des enfants sages, ceux qui boivent peu ou pas - les deux jeunes hommes au cœur de cet article sont musulmans…


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