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Pour la première fois, la Ville de St. Thomas a proclamé le 25 septembre Journée des Franco-Ontariens et hissé le drapeau franco-ontarien devant l'hôtel de ville vendredi. Cette reconnaissance est perçue par des membres de la communauté comme un premier pas pour rendre la francophonie locale plus visible.
Alexandra Brioso, directrice générale adjointe du Carrefour communautaire francophone de London (CCFL), est à l'origine de la démarche auprès de la Ville.
Résidente de St. Thomas, elle dit avoir constaté au fil du temps la présence de francophones dans la ville, même si ceux-ci ne disposent pas nécessairement d'espaces pour se rencontrer et vivre en français. Cette observation l'a notamment amenée à lancer un groupe de conversation en français à la bibliothèque publique de St. Thomas, puis à proposer la levée du drapeau à la Ville.
On est des francophones en milieu minoritaire et on veut montrer qu'on a des francophones ici et on veut que les francophones sachent qu'ils ne sont pas seuls.
Mme Brioso espère maintenant que cette première célébration permettra de rejoindre davantage de francophones à St. Thomas.
Une ouverture de la Ville
Pour le maire Joe Preston, la proclamation et la levée du drapeau s'inscrivent dans la volonté de la Ville de reconnaître les différentes communautés qui vivent à St. Thomas. Il affirme que la municipalité a accepté rapidement la demande du CCFL lorsqu'elle lui a été présentée.
Il faut se rappeler que le Canada est un pays bilingue. […] C’est ainsi que nous sommes devenus le pays que nous sommes, la province que nous sommes et la municipalité que nous pouvons être.
M. Preston reconnaît toutefois que la communauté francophone demeure relativement peu visible à St. Thomas. Selon lui, cette visibilité est restée sensiblement la même au fil des années, même si la croissance de la ville amène de nouveaux résidents, dont certains proviennent de régions où le français est parlé.

La Journée des Franco-Ontariens est célébrée le 25 septembre, date anniversaire de la première levée du drapeau franco-ontarien, en 1975.
Photo : Radio-Canada / Josiane N'tchoreret-Mbaiamany
Le maire estime que cette première reconnaissance pourrait aussi inciter davantage de francophones à se manifester auprès de la Ville. Il se dit ouvert à poursuivre la collaboration avec le CCFL et à examiner d'autres initiatives pour faire une place au français à St. Thomas.
Élargir la communauté au-delà de London
Pour les responsables du Carrefour communautaire francophone de London, la cérémonie de vendredi ne doit pas rester un événement isolé. Ils souhaitent profiter de cette première à St. Thomas pour créer davantage d'occasions de vivre en français dans la ville et, éventuellement, ailleurs dans la région.
Mme Brioso souhaite notamment que la célébration prenne de l'ampleur dès l'an prochain et que davantage d'enfants puissent y participer. Elle se dit optimiste quant à l'avenir de la francophonie, notamment en raison du nombre de jeunes qui fréquentent les écoles francophones et les programmes d'immersion.

Le Carrefour communautaire francophone de London œuvre depuis plus de 30 ans auprès des francophones de la région. De gauche à droite, Alexandra Brioso, la conseillère municipale Joan Rymal et Abdoulaye Sako posent devant l’hôtel de ville de St. Thomas.
Photo : Radio-Canada / Josiane N'tchoreret-Mbaiamany
Pour Abdoulaye Sako, directeur général du CCFL, cette volonté passe également par une présence accrue de l’organisme à l'extérieur de London.
Nous avons cette mission de réunir les francophones et aussi d’aller joindre les francophones là où ils sont.
St. Thomas pourrait ainsi n'être qu'une première étape. Le CCFL souhaite éventuellement étendre certaines de ses activités à d'autres municipalités de la région. M. Sako évoque notamment Woodstock, où l’organisme pourrait organiser des activités dès l'an prochain.
Au-delà de la portée symbolique de la proclamation et de la levée du drapeau, M. Sako espère que cette première reconnaissance permettra de mieux faire connaître la présence francophone à St. Thomas et ouvrira la voie à d'autres initiatives.
Le CCFL souhaite notamment créer davantage d'occasions pour les francophones de la ville de se retrouver, de tisser des liens et de vivre en français tout au long de l'année.


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