Face à l'augmentation du prix du gasoil, en raison du conflit qui sévit au Moyen-Orient, de nombreux pêcheurs ne sortent plus en mer, plutôt que de travailler à perte. Une situation qui inquiète les professionnels du secteur, jugeant les aides du gouvernement insuffisantes.
Passé de 60 centimes à 1,10 euro en moins d’un mois de guerre, le litre de gasoil est devenu prohibitif pour ceux qui sont dépendants du carburant pour leur bateau. Vendredi dernier, les pêcheurs ont reçu la promesse gouvernementale de percevoir une aide de 20 centimes par litre ; mais cette annonce ne contente personne.
De plus en plus de pêcheurs choisissent de rester à quai plutôt que de partir en mer pour travailler à perte, comme c'est le cas au port de la Turballe.
"Je suis fataliste et fatigué"
"C’est quoi 20 centimes ? Si vous donnez trois cacahuètes pour nourrir un âne, il meurt...", déplore un armateur sur le quai de la commune bretonne. Malgré l’annonce ministérielle, lui se considère aujourd’hui en faillite, pendant qu’Anthony, son pêcheur, à quai depuis des jours, calcule comment rapporter de la langoustine à moindre coût.
"Quand le litre était à 60 centimes, on en avait pour 7.000 euros le plein... donc là, ça va dépasser les 12.000. On va essayer d’attendre l’aide de 20 centimes mais cela fait peur de partir en mer comme cela", témoigne ce dernier.
Rester près des côtes, éviter les trajets peu rentables ou trop énergivores : toute une stratégie aussi pour Romain Jouan. "Je suis fataliste et fatigué. C’est la guerre et on ne peut rien y faire, on doit faire le dos rond, espérer que la sortie soit rentable ou rentrer. C’est au jour le jour et c’est très difficile parce que le bateau ne peut pas se permettre de rester à quai tout le temps. Il y a un prêt dessus et mes marins ont des familles à nourrir", regrette ce patron pêcheur, rappelant qu'il y a urgence à empêcher la filière de s’écrouler.


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