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Les nouvelles inscriptions d’étudiants étrangers dans les établissements postsecondaires publics au Canada ont diminué de moitié depuis 2024, selon des données préliminaires publiées par Statistique Canada mardi. Pour les collèges et universités francophones hors Québec, cette baisse ajoute une pression à des établissements qui comptent sur le recrutement international pour soutenir leur développement.
Des nouvelles données permettent de quantifier une diminution déjà « ressentie » sur le terrain par les établissements, souligne le président-directeur général de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne, Martin Normand. Par rapport à l’année scolaire 2023-2024, l’Ontario aurait perdu 92 000 étudiants internationaux en 2025-2026, soit une baisse d’environ 36 %. Dans les provinces de l’Atlantique, les inscriptions d’étudiants internationaux ont reculé de 26 % pour l’année scolaire qui s’achève. Et au Québec on parle d’une baisse d’environ 7400 étudiants, soit 14 % en deux ans.
Ces chiffres, tirés de l’Étude de faisabilité : estimer la population étudiante internationale au Canada à l’aide de données administratives, offrent un premier aperçu des effets du plafond de deux ans imposé en 2024 par l’ancien ministre fédéral de l’Immigration, Marc Miller, puis prolongé par Mark Carney en 2025. Son gouvernement souhaite ramener la proportion combinée d’étudiants internationaux et de travailleurs temporaires à 5 % de la population canadienne d’ici 2027.
Les francophones hors Québec
Bien qu’exemptés du plafond imposé en 2024, les collèges et universités francophones à l’extérieur du Québec ont eux aussi ressenti la baisse du nombre de nouveaux étudiants internationaux sur leurs campus, estime Martin Normand. Notamment en raison de l’incertitude liée à la possibilité d’immigrer au Canada après l’obtention de leur diplôme, croit-il.
« Il n’y a pas de doutes que certains établissements ont fait des ajustements budgétaires liés à ça », explique M. Normand. Les frais de scolarité des étudiants internationaux constituent une portion non négligeable des revenus de plusieurs établissements. Certains ont réussi à absorber le choc avec de nouvelles inscriptions canadiennes, dit-il, tandis que d’autres ont été confrontés à des difficultés financières plus importantes en raison de la baisse des inscriptions.
C’est aussi un problème parce que, selon lui, les étudiants internationaux francophones sont « essentiels » aux communautés de langue minoritaire. Ils contribuent à l’économie locale, ils complètent les cohortes déjà amincies d’étudiants francophones canadiens dans certains programmes et leur immigration éventuelle dans ces régions contribue à augmenter le poids démographique des francophones au pays.
Un projet pilote dévoilé quelques mois après le plafond imposé en 2024 donne une voie rapide vers l’immigration permanente aux étudiants francophones qui décident de s’installer dans certaines communautés du Canada à l’extérieur du Québec. En 2025, le projet n’avait pas encore donné les résultats espérés et les établissements postsecondaires décriaient le manque de prévisibilité quant à la pérennité du programme. « Il y a un consensus sur la volonté de maintenir, de prolonger, de pérenniser ce projet-là », a réitéré en entrevue Martin Normand. Pour l’instant, le projet pilote doit prendre fin à l’automne 2026.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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