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«On a essayé de contenir la hausse des prix» : le muguet de 1er mai est-il en passe de devenir un produit de luxe ?

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Le prix du muguet subit une légère augmentation en 2026

Soumise aux aléas climatiques ainsi qu’à l’augmentation du coût des charges lié à main-d’œuvre, la production de ces fameuses petites clochettes blanches - particulièrement exigeante - n’est pas un long fleuve tranquille.

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Offrir du muguet le jour de la Fête du travail, le 1er mai, est devenu une tradition en France. Chaque année, il y a même autant de bouquets achetés à cette occasion qu’à la Saint-Valentin. Et cette année ne devrait pas déroger à la règle, malgré une petite augmentation des prix. En 2026, la botte de 50 brins de muguets de catégorie 1 devrait se vendre 22 euros, et les 3 griffes de muguets de catégorie 1 4,50 euros, selon les chiffres du Réseau des Nouvelles du Marché (RNM), affilié au ministère de l’Agriculture. Contre 21 euros en avril 2024, 19 euros en avril 2023 ou encore 16,50 euros en avril 2022. Une augmentation de près de 5%, qui n’a rien d’exceptionnel donc, mais qui pourrait freiner quelques acheteurs.

Faut-il y voir l’une des nombreuses conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient ? «Pas spécialement», répond Céline Vinet, productrice de muguets à Machecoul, en Loire-Atlantique, qui assure que les «tarifs muguets» avaient été «envoyés bien avant la crise». «Nous avons essayé de contenir l’augmentation des prix, mais il faut savoir que c’est une culture très dépendante de la main-d’œuvre donc c’est un produit qui coûte cher», précise celle qui fait partie de la dizaine de producteurs de muguets de la région nantaise, qui produit 90 % des volumes français. Et de préciser : «Nous avons fait le choix de ne pas répercuter ni l’augmentation des charges, ni l’augmentation du SMIC sur les prix, car nous savons que la conjoncture est morose et que les Français font attention à leurs dépenses».

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«On aurait pu augmenter les prix de l’ordre de 7%, mais ce sera plutôt une augmentation comprise entre 2 et 2,5% selon nos produits», poursuit Céline Vinet. Contenir l’augmentation pour essayer de dynamiser les ventes : c’est tout l’espoir de cette productrice qui a déjà commencé la cueillette des muguets, avec quelques jours d’avance sur le calendrier en raison des fortes températures du début du mois. Ce qui représente un surcoût pour elle, qui - en attendant les expéditions - doit stocker sa marchandise dans de grands frigos. «Tout se fait à la main, nous avons beaucoup de personnel l’hiver pour le tri et l’arrachage des griffes mais aussi l’été pour entretenir les parcelles et arracher les mauvaises herbes», assure la productrice, qui rappelle que le muguet est «si délicat» notamment au moment de la cueillette qu’il ne peut être ramassé par des machines.

Entre culture d’entreprise et plaisir d’offrir

De là à ce que le muguet devienne un produit de luxe ? «Il faut aussi savoir que le muguet n’est récolté qu’après 3 ans de culture. Trois années durant lesquelles il y a beaucoup d’actions, mais aucun fruit de la récolte», nous apprend Céline Vinet. Cette passionnée estime ainsi qu’il est seulement possible de «valoriser 3 sur 5 années de production». À tel point que peu de producteurs se lancent dans l’aventure. «Ceux qui continuent ont une production maraîchère à côté, mais sont de gros faiseurs de muguet : ils ont des équipes 100% dédiées. C’est une vraie culture d’entreprise», avançait un autre producteur de la région, Thomas Loirat, au média spécialisé Pleinchamp. Entre passion et goût pour le défi technique avancés par les experts du secteur, tous semblent surtout vouloir maintenir une tradition désormais séculaire.

«Oui, c’est une fleur qui, à l’unité, à la tige, peut coûter cher mais c’est aussi une fleur qu’il est plaisant d’offrir», tranche Céline Vinet, selon qui le muguet convient à tout type de bourse. La preuve selon elle ? Lors de la Fête du travail, le budget moyen des Français pour les fleurs est autour de 7 euros, alors qu’il est de 25 euros à l’occasion de la Saint-Valentin. Reste qu’il s’agit d’un symbole fort, très ancré en France, comme le souligne le ministère de l’Agriculture sur son site internet évoquant «une tradition de porte-bonheur qui remonterait à la Renaissance». Et l’année pourrait être historique pour les producteurs, alors que le Sénat a récemment autorisé l’ouverture des fleuristes le 1er mai prochain. Une aubaine quand on sait que près d’un tiers des brins de muguet y est vendu.

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