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ENTRETIEN - Au lendemain de la finale de la course-poursuite à travers les Hauts-de-France, Romuald Graveleau, directeur général adjoint de Studio 89, a le sourire.
La saison 1 de «Wanted» s’est achevée jeudi 5 novembre avec la victoire des trois gardiens Michou, Adil Rami et Issa Doumbia. À la télévision, la course-poursuite événement de M6 a attiré en moyenne 1.486.000 de téléspectateurs, soit 8,7 % de part d’audience. En replay, 1.359.000 de personnes ont regardé les deux premiers épisodes (à J+7).
Mais c’est surtout les jeunes qui se sont passionnés pour la cavale des seize personnalités (Élodie Gossuin-Rachel Legrain-Trapani, Stomy Bugsy-Christine Bravo, Danielle Renault-Arthur Lombard de Studio Danielle, Nicolas Waldorf-Yoan-Louis Sudres, le sosie de Pierre Niney, Pascal Légitimus-Léa François, Samuel Étienne-Océane Amsler, Rayane Bensetti-Fares Salvatore, et Jeremstar-Philippe Lucas). Ainsi les trois épisodes a été vus par 29% des 4-49 ans, 30% des 15-34 ans et 47% des 4-14 ans. Forte de ce succès, M6 a commandé à Romuald Graveleau, directeur général adjoint de Studio 89, une deuxième saison. Au lendemain de la finale, le producteur tire le bilan. Il est forcément positif.
TV MAGAZINE. - Quel bilan tirez-vous de cette première saison ?
Romuald GRAVELEAU. - Le pari était de lancer un événement à travers toute la France, de faire sortir la télévision de l’écran pour l’amener dans la rue, sur les réseaux sociaux, au cœur de la vie des Français. Pour une fois, on ne diffuse pas seulement un événement, on le crée. C’était la grande inconnue. On s’est posé beaucoup de questions : Est-ce que ce pari éditorial va fonctionner ? Est-ce que le public va accepter de ne pas être seulement spectateur, mais va aussi trouver un intérêt à être acteur de ce programme ? Est-ce que ça va fonctionner ? Et ça a super bien fonctionné. C’est incroyable qu’un programme, qui n’était pas connu la veille de son lancement, inonde les réseaux sociaux.
Vous attendiez-vous à un tel engouement de la part des Français ?
Il y avait un gros risque sur le fait que l’événement ait lieu, se déroule bien, que les Français se prennent au jeu. Au final, ils ont été très nombreux à aider aussi bien les gardiens que les fugitifs. Le résultat est extrêmement divertissant, avec plein de rebondissements. Cette participation du public est un vrai plus, parce qu’il y a des rencontres, de l’entraide, des trahisons aussi. Il y a tout un storytelling autour de l’échange avec les gens qui ont rencontré nos célébrités. Le public est une partie du programme, un personnage, pas toujours le même, mais qui se décline. Il y a eu plein de moments hyper touchants, des moments super drôles. C’est grâce au public, aux rencontres que la course s’est déroulée comme ça.
Les personnalités se sont aussi prises au jeu…
On savait que les célébrités avaient envie de jouer. On savait qu’on les prenait parce que c’étaient des joueurs et qu’ils avaient envie de se prêter au jeu. Ce qui a rendu la course intense. Du départ à Amiens à la finale à Paris, ils ne se sont pas arrêtés. Il y avait la pause du soir mais quand ils jouaient, ils jouaient. Le casting de cette saison était absolument génial parce qu’il était très large, il rassemblait la famille avec des gens que pouvaient connaître les parents comme les enfants. Ils avaient tous le même point commun de vouloir participer, s’amuser. Ça en a fait un programme extrêmement divertissant.
Comment s’est établi ce casting ?
On nous dit souvent : « Vous prenez des gens parce qu’ils sont connus». En vrai, non. On prend des gens parce qu’on pense qu’ils vont se révéler grâce au programme, parce qu’ils ont envie de jouer, parce qu’ils sont compétiteurs, parce qu’ils sont drôles et parce qu’on tente des paris. Pour Jeremstar et Philippe Lucas, on était persuadés que ça allait bien fonctionner, alors que même Jeremstar et Philippe Lucas étaient très dubitatifs parce qu’ils ne se connaissaient pas. En discutant avec l’un et l’autre, on savait que ça allait bien se passer, on savait que ça allait être un binôme incroyable.
Le gros travail a été de gérer les autorisations de droit à l’image
Romuald Graveleau, directeur général adjoint de Studio 89Faire participer le public, que ce soit les appels reçus que toutes les personnes filmées, a-t-il été simple à gérer ?
On avait prévu un gros standard pour recevoir les appels mais on a dû le renforcer avec des personnes supplémentaires. Le gros travail a aussi été de gérer les autorisations de droit à l’image. Une fois que quelqu’un avait transporté des célébrités, il fallait qu’on la retrouve pour lui demander de signer les autorisations. Il y a toute une logistique post-course qui a été mise en place, mais qui s’est super bien déroulée car, encore une fois, tout le monde s’est pris au jeu.
Il y a eu quatre jours de tournage avec trois gardiens et huit binômes de personnalités pour seulement trois prime times…
Ça fait dix-neuf personnes frustrées à la fin. Je les avais prévenues : « Vous allez tous être frustrés parce que c’est impossible de tout montrer». Il s’est passé tellement de trucs que même avec la meilleure volonté du monde, c’est impossible de tout raconter. Il faudrait un épisode par binôme. Il s’est passé des choses incroyables tout le temps. On a essayé modestement de résumer le meilleur de ce qui s’est passé, de façon la plus compréhensible.
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La finale a eu lieu en plein cœur de Paris. Comment avez-vous réussi à garder le secret, à ce que rien ne fuite sur les réseaux sociaux ?
On n’a rien fait de particulier. En réalité, ça faisait partie du jeu. L’avantage et l’inconvénient de Paris, c’est que c’est grand avec beaucoup de monde. En plus c’était au moment des premières manifestations de lycéens, donc il y avait quand même pas mal de choses qui posaient question. Mais c’est aussi l’avantage dans Paris, c’est que les Parisiens ou les touristes sont habitués à voir des caméras qui passent. Finalement, tout s’est passé plutôt facilement.
Est-ce que comme dans le Nord, les binômes avaient une zone délimitée ?
On avait délimité une zone de jeu côté rive gauche. La finale a commencé sur le quai face à la tour Eiffel donc rive droite et ils devaient traverser le pont et de rester dans la zone entre le périphérique et sous la Seine.
Un mot sur les audiences…
C’est un énorme succès. On est d’autant plus fiers parce qu’on a réussi le tour de force d’avoir une audience extrêmement forte chez les jeunes. Les audiences chez les jeunes sont dingues. Il y a les chiffres linéaires, en effet, mais en chiffres consolidés, on a glané 664.000 personnes sur le premier épisode, et 665.000 sur le deuxième. C’est un très gros succès d’audience. Pour nous, les professionnels de la télévision, la question est : comment on ramène les jeunes à la télé ? Avec «Wanted», ce n’est pas qu’on a réussi ce pari, c’est qu’on l’a explosé. Pareil, sur les réseaux sociaux, c’est un énorme succès, il y a eu plus de 150 millions de vues au total !
Forte de ces chiffres, M6 vous a commandé une saison 2…
C’est l’excellente nouvelle. C’est la preuve que l’audience est au rendez-vous, que le programme a plu, que l’image qu’a eue le programme a fonctionné. Maintenant, tout l’enjeu va être de réitérer ce succès. La question est : comment on fait pour créer un deuxième événement et pour faire de «Wanted» un rendez-vous ?
Y a-t-il des pistes envisagées pour cette nouvelle saison ? Le jeu aura-t-il encore lieu dans les Hauts-de-France ?
C’est encore un peu tôt pour le dire. D’abord, il faut qu’on analyse ce qui a fonctionné, ce qui a moins bien fonctionné, parce qu’on sautait dans le vide. Dans «Wanted», il y a deux clés : l’événement et le casting. Tout l’enjeu va de trouver des gens qui ont autant envie de s’amuser. Mais on aime bien les défis, donc on va le relever sans problème.


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