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Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d’un accord-cadre visant une « paix durable » mais susceptible, selon un député du Hezbollah, d’entraîner le pays dans un « conflit interne ».
Ces bombardements rapportés par l’Agence libanaise d’information ANI (officielle) interviennent alors que la veille déjà, une série de raids israéliens avait fait un mort dans la région, selon le ministère de la Santé.
L’armée israélienne a affirmé cibler des combattants du Hezbollah près de ce qu’elle appelle sa « zone de sécurité ».
Elle a par ailleurs annoncé la mort d’un soldat lors de combats, portant à 38 ses pertes dans le pays voisin, où elle affronte le mouvement islamiste.
Plus tard dimanche, l’armée a affirmé que l’auteur, un « terroriste du Hezbollah », avait été localisé près du lieu de l’affrontement et « éliminé par les soldats ».
Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à l’Iran, après l’offensive américano-israélienne sur Téhéran.
Israël a lancé en représailles de vastes frappes aériennes et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4200 morts selon les autorités libanaises.
Une trêve annoncée le 17 avril n’a jamais été respectée mais les affrontements ont largement diminué depuis la signature mi-juin d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran ayant exigé qu’une cessation des combats au Liban en fasse partie.
Parallèlement, Israël et le Liban ont entamé des discussions directes sous l’égide de Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays techniquement toujours en état de guerre. Et ils ont conclu vendredi un accord-cadre, qualifié d’« historique » par le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou.
Dans un entretien téléphonique avec Donald Trump, le président libanais Joseph Aoun a assuré que l’État « assumerait ses responsabilités » dans la mise en œuvre de l’accord, qui conditionne un retrait israélien du pays au désarmement du mouvement chiite. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en œuvre.
« Sur la gâchette »
Le Hezbollah s’est lui fermement opposé à l’accord, et son député Hassan Fadlallah a affirmé dimanche qu’il « ne serait pas appliqué ».
« Notre doigt restera sur la gâchette, nous poursuivrons notre voie de résistance pour atteindre nos objectifs, et exercerons notre droit légitime à défendre notre peuple », a-t-il déclaré à l’occasion d’une cérémonie commémorative.
Ce qu’ont fait les autorités « équivaut à une sédition visant à plonger le pays dans le chaos et à déplacer le conflit, d’un conflit avec l’ennemi à un conflit interne », a-t-il ajouté.
Dénonçant une « grave erreur », le chef du groupe Naïm Qassem avait fustigé samedi un texte « humiliant, honteux, qui représente un abandon de souveraineté », accusant les autorités libanaises de « légitimer la poursuite de l’occupation » israélienne.
Des partisans du Hezbollah ont manifesté vendredi soir et un correspondant de l’AFP a vu, sur la route de l’aéroport de Beyrouth longeant la banlieue sud, bastion du Hezbollah, des pancartes portant l’inscription « Le Liban d’abord » incendiées.
L’Iran a de son côté réitéré ses exigences d’un retrait total d’Israël.
« Notre objectif est de mettre fin à la guerre au Liban, permettre le retour des déplacés dans leurs foyers, mettre un terme à l’occupation et obtenir le retrait du régime sioniste du territoire libanais, et nous poursuivons sérieusement cet objectif », a souligné le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un appel avec son homologue libanais Nabih Berri.


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