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Le discours du chef de l’État a été reçu avec prudence par ses opposants, entre soulagements et réserves.
Sur la réserve. La nouvelle doctrine de dissuasion nucléaire présentée lundi par Emmanuel Macron a été reçue avec prudence par ses opposants, à la fois soulagés que la France conserve sa prérogative et méfiants sur la volonté d'étendre la stratégie à d'autres pays européens. Réaction contrastée au Rassemblement national (RN) : dans un communiqué, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont indiqué «prendre acte du discours du président de la République» et notamment de «la réaffirmation du caractère souverain de la décision d'emploi» de l'arme atomique.
Mais les deux dirigeants du RN se posent aussi «plusieurs questions» sur le concept de «dissuasion avancée» présenté par le chef de l'État, synonyme à leurs yeux de «dispersion de nos moyens nucléaires sur le territoire européen» sans «aucune contrepartie», notamment pour «l'achat de matériels français». Sur une ligne proche, Bruno Retailleau considère dans un message sur X que «l'acquisition prioritaire de matériel français et européen» devrait aller de pair avec cette nouvelle doctrine.
Le patron des Républicains et candidat à la présidentielle se dit toutefois «rassuré sur l'essentiel», à savoir le «maintien d'une prérogative souveraine intacte» ainsi qu'une «autonomie totale de la décision et de la chaîne de commandement» nucléaire. Une «bonne décision» également saluée sur son blog par Jean-Luc Mélenchon, satisfait que «la France reste seule maître de la définition des intérêts vitaux et de l'usage de l'arme nucléaire».
Le leader de La France insoumise n'en réclame pas moins «une analyse minutieuse sur tous les plans» de la «dissuasion avancée», afin de «pouvoir apprécier concrètement de quoi il est question» avec les pays alliés, et le cas échéant «demander l'accord du Parlement». Souhait partagé par le Parti socialiste, qui a estimé dans un communiqué que «les grandes orientations de notre dissuasion doivent pouvoir être discutées devant le Parlement», tout en se réjouissant de «l'ambition européenne» d'une nouvelle doctrine qui «pourrait amener à des coopérations renforcées au-delà du nucléaire».


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