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Nouveau gouvernement recherche directeurs de cabinet

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Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Joël Arseneau, en a surpris plus d’un en annonçant tout bonnement à la presse parlementaire qu’il n’avait pas trouvé de directeur de cabinet au lendemain de son assermentation.

L’élu péquiste des Îles-de-la-Madeleine n’est pas le seul dans cette situation. Même s’ils promettent des embauches « très rapides », les membres du nouveau Conseil des ministres étaient encore nombreux à être sans bras droit jeudi après-midi, a pu confirmer Le Devoir auprès de plusieurs sources. Il s’agit d’une situation inhabituelle, a reconnu Martine Tremblay, ancienne directrice de cabinet de René Lévesque — et même « problématique », a ajouté Pascal Mailhot, ancien directeur de la planification stratégique de François Legault.

Selon nos informations, une série de candidats péquistes défaits en octobre ont levé la main pour travailler en cabinet. Même des anciens de la Coalition avenir Québec ont fait entendre leur désir de se joindre au gouvernement.

L’actuel ministre de la Culture, Pascal Bérubé, avait affirmé en 2025 que les employés caquistes n’étaient pas les bienvenus au Parti québécois (PQ). Un an plus tard, cette directive ne semble pas guider l’équipe de recrutement gouvernementale : tant que le candidat au poste est souverainiste, il a une chance de se qualifier, a-t-on glissé à nos oreilles.

Du sable dans l’engrenage ?

En 2012, la première ministre Pauline Marois avait fait appel à Martine Tremblay pour assurer la transition entre la victoire électorale et la formation du gouvernement. Contactée jeudi, cette dernière s’est dite « étonnée » que des membres de l’équipe ministérielle soient encore affairés à composer leur garde rapprochée. « Je me souviens que, par exemple, quand Mme Marois a été élue en 2012, dès qu’elle a formé son cabinet, les ministres se faisaient dire qu’ils avaient tel chef de cabinet. Ça s’est fait très rapidement », s’est-elle remémoré dans un échange avec Le Devoir.

En 2018, quand la Coalition avenir Québec a été portée au pouvoir, le premier ministre désigné François Legault s’était tourné vers son proche conseiller Pascal Mailhot pour approcher et recruter les directeurs de cabinet. C’est l’étape « la plus cruciale de la transition », a estimé ce dernier en entrevue jeudi.

En soirée, une source bien informée a confié au Devoir qu’elle s’attendait à ce que les chefs de cabinets du nouveau gouvernement entrent en poste « au plus tard lundi soir ».

Il s’agit de délais « très problématiques », a soutenu Pascal Mailhot en se remémorant une discussion avec Dominique Lebel, ex-chef de cabinet adjoint de Pauline Marois, durant la période de transition post-électorale de 2018. Celui-ci avait été chargé d’effectuer le même exercice que lui pour le gouvernement péquiste minoritaire six ans plus tôt. « Je lui ai demandé ses trois trucs de base. Il m’a dit : “il faut que les chefs de cabinet aient déjà été chefs de cabinet”. J’ai dit : “O.K., c’est quoi les deux autres ?” Il m’a dit qu’il n’y en a pas. »

Selon M. Mailhot, la principale mission du chef de cabinet est « de connaître l’agenda politique ». Celui qui a été directeur de la planification stratégique de François Legault tout au long du premier mandat caquiste a donc la philosophie suivante : « Ne laissez pas partir vos ministres, à l’assermentation, sans avoir un chef de cabinet à côté d’eux, pour aller faire les rencontres de briefing avec les fonctionnaires. »

« Les fonctionnaires, ils vont t’expliquer ce qu’eux pensent être ton mandat. Ça, ça s’appelle l’agenda administratif », dit-il.

« Plus difficile » dans un gouvernement minoritaire

À l’heure actuelle, le seul directeur de cabinet connu serait Samuel Roy, un économiste qui travaillait jusqu’à tout récemment à l’Union des municipalités du Québec et qui a été recruté par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, selon La Presse.

Cela ne surprend pas Stéphane Gobeil, ex-conseiller spécial de François Legault. « Il faut qu’ils se mettent sur la mise à jour économique tout de suite », a-t-il glissé dans un entretien téléphonique jeudi. Selon lui, il peut être « difficile », dans un contexte minoritaire, d’être aussi attractif auprès d’éventuels employés de cabinets ministériels. « On t’offre une job, mais ça peut durer un an, un an et demi, deux ans. »

Selon ce qu’a appris Le Devoir, le Parti québécois s’est tourné vers Louis Bourcier, qui a notamment été directeur de cabinet du président du Conseil du trésor Stéphane Bédard au début du mandat minoritaire péquiste de 2012-2014, afin de contribuer à l’effort de recrutement.

Ce dernier fait partie de l’équipe de transition gouvernementale avec, notamment, l’avocat Éric Bédard, frère de Stéphane. Le PQ refuse de révéler l’identité des membres de cet effectif.

À défaut d’avoir un bras droit, les ministres du nouveau gouvernement péquiste ont tous rencontré leurs gardes du corps dès la fin de leur assermentation, mercredi. Ils rouleront désormais à bord de leurs « limousines », des véhicules de fonction qui leur sont réservés.

Leurs gardes du corps les suivront aussi presque en permanence : une « intrusivité » à laquelle les 22 membres du cabinet St-Pierre Plamondon devront s’habituer, a convenu l’un d’eux lorsqu’accosté par Le Devoir jeudi.

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