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Après le 1er octobre, un nouveau blocus est organisé ce 6 octobre 2026 devant le lycée Rémi-Belleau de Nogent-le-Rotrou. Une mobilisation plus modeste, mais avec des professeurs.
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Par Mathis Launay Publié le 6 oct. 2026 à 14h29
À l’approche du lycée Rémi-Belleau de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), le décor laisse craindre le pire…
Devant le parking, ce mardi 6 octobre 2026, un camion de pompiers, plusieurs soldats du feu, trois voitures de gendarmerie et une quinzaine de forces de l’ordre sont déployés. Ce nouveau blocus aurait-il totalement dégénéré ? Que nenni !
« Il y a eu un feu de poubelle. Il y en a toujours qui profitent de la mobilisation pour dégrader. Là, c’est juste un acte de vandalisme pur et dur », déplore Alexandre, un lycéen mobilisé.
L’incident reste isolé, et les élèves postés devant les grilles s’en démarquent.
Un blocus organisé au dernier moment à de Nogent-le-Rotrou
Ils sont une soixantaine à bloquer l’entrée, bien moins que lors de la mobilisation du jeudi 1er octobre. Pour cause, celle du jour n’a été organisée que depuis la veille au soir.
À l’origine, on ne voulait pas en refaire un, mais il y a eu un appel des syndicats lycéens à poursuivre la mobilisation ce mardi.
Sur leur groupe WhatsApp, de nombreux lycéens étaient partants pour remettre ça : le blocus a donc été relancé.
Contacté, Nicolas Sibenaler, le proviseur du lycée précise que « tous ceux qui le souhaitaient ont pu rentrer dans l’établissement ».
Les revendications des jeunes, elles, n’ont pas changé : des professeurs mieux payés, une remise en cause de Parcoursup, des classes moins surchargées, plus de moyens pour le lycée…
« J’aimerais qu’il y ait plus de moyens et des professeurs mieux payés, mais ce n’est pas de mon ressort », glisse le proviseur.
Un soutien des professeurs sur place
Même si la mobilisation s’annonce plus difficile que la précédente, le blocus est bien en place. Et les jeunes se tenant devant et sur les grilles d’entrée, espèrent bien rester toute la journée.
« On a invité les lycéens de Sully (le lycée des métiers Sully à Nogent-le-Rotrou, NDLR) à venir », glisse Elisa, une élève. Mais aucun élève de l’autre lycée nogentais ne semble toutefois présent.
Il y a, en revanche, la présence de nombreux professeurs sur le parking. « On est ici en soutien », lâchent deux enseignants.
Dans toutes les classes de 2nde, il y a 35 à 36 élèves, les bâtiments sont anciens. Les jeunes sont très lucides sur la situation.
Un travail de l’équipe pédagogique pour améliorer les conditions
Des classes surchargées ? Oui, mais Nicolas Sibenaler assure qu’il y a tout de même beaucoup de dédoublements. C’est-à-dire des classes divisées en deux dans certaines matières pour un meilleur accompagnement.
Les élèves ont également évoqué le manque de professeurs, un point sur lequel le proviseur s’est attelé depuis la rentrée. « Il n’y a plus d’enseignants absents : un professeur de philosophie est arrivé, il fait 16 heures et est payé 18 heures pour rattraper les cours du début d’année ».
Il admet tout de même qu’il manque « quelques heures » en Prévention Santé Environnement (PSE), pour les élèves de Première en Bac professionnel.
Concernant la vétusté des locaux, « on y travaille, promet le chef de l’établissement. Il y a un problème de ventilation qui engendre de la moisissure, mais la Région va expérimenter un nouveau système de ventilation dans une salle de classe ».
Un lycée aux excellents résultats au Bac
Face à ce nouveau blocus, Nicolas Sibenaler assure « comprendre le mal-être des jeunes, l’angoisse au quotidien, l’inquiétude face à un avenir incertain, d’autant plus dans cette année d’élection présidentielle. On ne peut pas ne pas l’entendre ».
Mais ce qu’il ne cautionne pas, ce sont les feux de poubelle et l’utilisation de mortiers d’artifice. « Je dois assurer leur sécurité aux abords de l’établissement ».
Outre ces améliorations pointées par élèves et professeurs, le chef de l’établissement veut tout de même rappeler le positif. Notamment les excellents résultats de ses élèves au Baccalauréat : 96 % en professionnel, 100 % en technologique et 99 % en général.
Il appuie aussi sur les nombreux projets portés par l’établissement : Radio 2B, une classe IA, des moutons en éco pâturage, et de multiples actions en faveur de la transition écologique.
Une grande consultation nationale ouverte à tous les lycéens
Nicolas Sibenaler a par ailleurs rappelé qu’une consultation nationale, lancée par le ministère de l’Éducation nationale, est ouverte jusqu’au 23 octobre sur la plateforme Agora. Chacun peut y répondre de façon anonyme, y compris celles et ceux dont la parole est moins entendue.
Le but : recueillir un éventail de témoignages aussi large que possible pour mieux comprendre le quotidien des lycéens, les difficultés qu’ils rencontrent et les améliorations qu’ils souhaitent.
Deux questions ouvertes sont posées : quelles sont aujourd’hui les principales difficultés rencontrées au lycée ? Et qu’est-ce qui devrait changer ou être amélioré pour mieux apprendre et mieux vivre sa scolarité ?
Concernant le lycée nogentais, le conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL) devait se tenir ce mardi 6 octobre, mais en raison du blocus, il a été reporté à jeudi 8 octobre.
Après deux blocus en moins d’une semaine à Rémi-Belleau, la mobilisation va-t-elle se poursuivre ?
Les jeunes ne savent pas encore s’ils vont réitérer l’opération, mais promettent une chose : « s’il y a un nouveau blocus, on s’organisera mieux qu’aujourd’hui ! »
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