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Nouveau bénévolat, adaptation nécessaire des organismes

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Près de chez vous, plusieurs organismes travaillent à aider la communauté et y arrivent grâce aux bénévoles. Vous êtes peut-être de ceux qui donnent de leur temps ou vous souhaiteriez en faire partie, mais vous ne savez pas vers où vous tourner. S’il existe beaucoup de possibilités d’aider divers groupes, il est aussi évident pour les responsables que la façon de faire du bénévolat se transforme et demande de l’ajustement.

Les gens font moins d'heures qu'ils en faisaient. Ils vont choisir leur bénévolat. Ils vont y aller en fonction de capsules de temps qu'ils ont à donner plutôt que d'y aller sur un engagement à long terme, résume la directrice générale du Réseau de l'action bénévole du Québec (RABQ), Marilyne Fournier. Ce constat ressort partout dans les données d'un sondage publié plus tôt en décembre par le RABQ dans le but de dresser le portrait du bénévolat au Québec.

Sur le terrain, ça se traduit en un fractionnement des heures. Il n’y a pas nécessairement moins de bénévoles, mais pour une personne qui donnait, par exemple, 10 heures de son temps par mois, il en faut maintenant parfois trois ou quatre, qui sont présentes chacune 2 ou 3 heures. Au bout du compte, il faut plus de personnes pour offrir le même service, plus de formations, plus d'ajustements des horaires, etc.

Une personne adulte tient les mains d'une jeune personne. Le plan est seulement sur les mains et les bras.

Chez Grands Frères Grandes Sœurs, les jeunes peuvent compter sur des bénévoles adultes pour les accompagner comme mentors. (Photo d'archives)

Photo : getty images/istockphoto / fizkes

Chez Grands Frères Grandes Sœurs de Québec, on jumelle des adultes à des jeunes pour créer des relations de mentorat. On est bien conscient que tous les organismes sollicitent les gens, c'est un problème qui est quand même collectif, juge Alexann D’Avignon, conseillère au développement de ce service.

Besoins plus précis, bénévoles plus rares

En raison du service qu’elle offre, la Popote roulante ne peut pas ajuster ses horaires en fonction des souhaits des bénévoles. On ne peut pas dire qu'on va aller livrer les repas du midi en soirée pour accommoder des bénévoles qui ne seraient disponibles qu'en soirée, décrit Mme Fournier.

Le besoin plus niché chez Grands Frères Grandes Sœurs de Québec a le même genre de conséquence. On a plus d'une quarantaine de jeunes qui sont en attente. Ce sont majoritairement des garçons parce qu'ils veulent être jumelés avec un Grand Frère. Ce qui est vraiment difficile, c'est le recrutement des hommes, précise Mme D’Avignon.

Le temps à investir doit être pris en compte, et les organismes en sont conscients. On demande un engagement d'un an pour que l'enfant se sente vraiment en sécurité, pour favoriser le développement de la relation puis éviter le sentiment d'abandon aussi. Donc, nous, on demande deux rencontres par mois d'environ trois à cinq heures. Ça peut représenter entre six et dix heures dans le mois. On demande des suivis aussi réguliers avec l'organisme, décrit Mme D’Avignon.

Les dossards que portent les bénévoles de l'Opération Nez rouge.

Le bassin de bénévoles chez Opération Nez rouge se maintient en général, selon l'organisme, mais le recrutement est un défi. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté d'Opération Nez rouge

En cette période des Fêtes, Opération Nez rouge a aussi besoin d’un grand nombre de bénévoles. Aux dires de la directrice générale, peut-être que la magie des Fêtes s'en mêle un petit peu aussi. Nez rouge, on est connu pour être festif, donc c'est certain que ça nous aide. Mais, aussi chez Nez rouge, le renouvellement de bénévoles n’est pas nécessairement plus simple. Le bassin de bénévoles, décrit Marylin Vigneault, c'est les 40, 50, 60 ans. C'est ceux qui prédominent; ensuite, c'est les 61 ans et plus. Veut, veut pas, cette clientèle-là est plus difficile à renouveler, vous comprendrez, en raison de l'âge.

Le défi de se faire connaître comme organisme

Le manque de temps arrive en haut de l’échelle des raisons pour ne pas faire de bénévolat, selon les répondants au sondage du RABQ.

Pour Maryline Fournier, ces données doivent servir de levier pour les organismes dans le contexte changeant du bénévolat. On a interrogé 2300 bénévoles et 5000 personnes qui ne faisaient pas de bénévolat. Et les 5000 personnes qui ne faisaient pas de bénévolat, quand on leur a demandé pourquoi elles n’en faisaient pas, elles ont été 35 % à nous donner une des trois réponses suivantes : "je ne sais pas où m'adresser; on ne me l'a pas demandé; je n'ai pas eu l'occasion de le faire". Nous, ce que ça nous dit, c'est, pour les organisations, demandez-le! Dites-le que vous avez besoin de bénévoles.

Les responsables rencontrés ont les mêmes arguments pour tenter de convaincre de nouvelles personnes de donner de leur temps : le bénévolat permet d'avoir un effet positif dans la vie de ceux qui profitent des services de ces organismes.

Avec les informations de Gabriel Paré-Asatoory et de Marie-Pier Mercier

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