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«Si nous creusons encore les déficits et la dette, ça va pénaliser les Français eux-mêmes», a estimé François Villeroy de Galhau. «Nous n’avons plus les moyens (...) de faire des mesures de soutien général», a également déclaré l’ex-ministre de l’Économie Éric Lombard.
Face à la flambée des prix des carburants, faut-il aider les automobilistes ? Alors que les cours du pétrole flambent, les oppositions appellent à des mesures d’urgence. Le Rassemblement national (RN) réclame par exemple une baisse des taxes sur l’énergie, quand La France insoumise (LFI) demande le blocage des prix des carburants. Il est «trop tôt» pour parler de nouvelles aides à l’achat de carburant, a déjà averti la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, lundi sur RTL.
Quelle qu’en soit la forme, des mesures publiques pour protéger le portefeuille des automobilistes s’avéreraient difficilement soutenables pour les finances tricolores, a prévenu le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau ce mercredi sur RTL. Interrogé sur une éventuelle aide ciblée pour les automobilistes, le haut fonctionnaire a fermé la porte : «Nous n’avons plus d’argent, nous, Français. (...) Si nous creusons encore les déficits et la dette, ça va pénaliser les Français eux-mêmes. Ça se traduit par une montée des taux d’intérêt à long terme. (...) Et ça c’est mauvais pour les Français sur les crédits immobiliers.» Une déclaration qui résonne comme un énième rappel à l’ordre budgétaire.
«Nous n’avons plus les moyens»
À quelques mois de son départ, le gouverneur a appelé à «conquérir notre indépendance énergétique» en «investissant dans la transition». Invité sur RFI mercredi matin, l’ancien ministre de l’Économie, Éric Lombard, a lui aussi estimé que «nous n’avons plus les moyens, comme lors du Covid, de faire des mesures de soutien général».
François Villeroy de Galhau s’est toutefois montré optimiste pour la croissance de l’Hexagone. «Le bulletin de santé de l’économie française, au départ, est plutôt résilient», a-t-il assuré. Selon lui, les chefs d’entreprise s’attendaient à une croissance comprise entre 0,2 % et 0,3 % pour le premier trimestre, un objectif que la Banque de France maintient. Malgré un environnement international tendu, la croissance devrait donc tenir.
Pas de «stagflation» à l’horizon
Le gouverneur s’attend néanmoins à «un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance» sur l’année, mais écarte tout scénario de dérapage. « Notre prévision d’inflation à 1,3 % pourrait être légèrement remontée. J’insiste sur le “légèrement”», a-t-il déclaré. Pour François Villeroy de Galhau, la France reste loin d’une situation de «stagflation », où la croissance s’arrête et les prix s’envolent. «Nous allons garder une croissance positive, et nous ne sommes pas du tout dans une inflation qui s’emballe», a-t-il insisté.
Reste que les Français, confrontés à l’envolée des prix des carburants, ont parfois du mal à y croire. L’indice global des prix progresse peu, sauf que les postes comme le transport et l’énergie pèsent lourd dans le ressenti des consommateurs. «C’est une toute petite partie de l’indice, seulement 4 %», a tenu à rappeler le gouverneur. Et d’ajouter : «À l’époque de la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, tous les prix des matières premières avaient augmenté. Ici, la hausse est surtout concentrée sur l’énergie.»


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