L’astronaute britannique John McFall deviendra certainement la première personne physiquement handicapée à se rendre en orbite. L’intéressé au parcours atypique explique pourquoi en apesanteur à bord d’une station spatiale, avoir deux jambes n’est pas forcément nécessaire.
La première personne handicapée physique à vivre en orbite
Médecin et ancien athlète paralympique britannique, John McFall (45 ans) vit avec une prothèse depuis l’âge de 19 ans. En effet, ce dernier a été amputé de la jambe droite au-dessus du genou, après un grave accident de moto en Thaïlande. Il entame une carrière de sprinteur d’élite en 2005, notamment récompensée par une médaille de bronze sur 100 mètres (catégorie T42), lors des Jeux paralympiques de Pékin en 2008. Après cette carrière, il suit des études de médecine dès 2014 et devient chirurgien orthopédique et traumatologue pour le système de santé britannique (NHS).
En 2022, John McFall intègre le Fly ! Program de l’Agence spatiale européenne (ESA), un projet d’étude de faisabilité permettant l’évaluation de la compatibilité d’un handicap physique avec la vie en orbite. L’ESA a finalement confirmé l’absence d’obstacle médical ou technique pouvant empêcher l’intéressé d’effectuer une mission de longue durée à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).
Comme le révèle un communiqué officiel publié le 2 juin 2026, John McFall sera peut-être la première personne handicapée physique à vivre en orbite. En effet, le gouvernement britannique a conclu un accord avec l’entreprise spatiale privée américaine Vast. Or, l’homme a été sélectionné pour voyager avec la future station commerciale Haven-1 (voir ci-dessous).
Crédit : Vast
Des avantages théoriques en matière de santé
Lors d’une interview réalisée par le média Live Science et publiée16 juin 2026, John McFall a notamment répondu à la question suivante : « Quels avantages pensez-vous que votre handicap pourrait vous conférer dans l’espace par rapport aux autres astronautes ? » En réalité, il existe seulement des hypothèses, dans la mesure où il n’y a pas d’antécédent. Cependant, les tests ont permis d’observer certains avantages théoriques sur le plan de la santé.
Citons par exemple le syndrome neuro-oculaire associé aux vols spatiaux (SANS), touchant entre 70 et 75% des astronautes. En microgravité, des fluides de la partie inférieure du corps se déplacent vers la partie supérieure et le crâne, pouvant provoquer un gonflement de la papille optique affectant temporairement la vision, le fameux syndrome. Or, John McFall pense qu’avec un volume réduit au niveau des membres inférieurs, le déplacement des fluides sera proportionnellement plus faible en microgravité, réduisant les risques de SANS.
Également, l’apesanteur fait que les os sont moins sollicités en microgravité, ces derniers résorbés naturellement par l’organisme. Ainsi, les os s’affaiblissent et s’amincissent, un processus ayant pour conséquence l’élimination d’une grande quantité de calcium par l’urine. Malheureusement, le passage de ce calcium à travers les reins augmente le risque de calculs rénaux. Chez John McFall, une masse osseuse initiale plus faible et une capacité physiologique de métabolisation du calcium inchangée pourrait réduire ce risque.
Que dire à propos de la mobilité ?
En ce qui concerne la mobilité, les tests de l’ESA ont montré que l’apesanteur pourrait rendre l’usage d’une prothèse optionnel ou différent selon les situations. En apesanteur, John McFall pourrait se passer de sa prothèse pour se déplacer et effectuer des procédures de réanimation. Cependant, la prothèse reste essentielle pour la sécurité au décollage et pour la pratique sportive.
Selon l’astronaute, les opérations courantes à l’intérieur du vaisseau spatial, comme la manutention de fret, de maintenance etc. ne poseraient pas de problèmes particuliers. L’homme estime que l’essentiel est de bien vieller a être attaché à quelque chose afin d’éviter que le moindre mouvement ne le projette dans une autre direction.


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