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Par Piotr Smolar
Publié aujourd’hui à 05h00Article réservé aux abonnés
RencontreFace aux projets de l’administration Trump, cet éminent avocat, très médiatique, a multiplié les plaintes et recours pour préserver la Constitution américaine, le droit et les valeurs des Etats-Unis. A l’approche des midterms, il pense déjà à la suite.
La démocratie américaine a un héraut vibrionnant. Lorsqu’on rencontre Norman Eisen, ses doigts poursuivent un autre dialogue sur son téléphone, à moins qu’il n’enregistre une note verbale rapide entre deux réponses à nos questions. Cela ne trahit pas un manque d’attention : les journées sont simplement trop courtes. Depuis le début de l’administration Trump 2, ce juriste très médiatique incarne, avec une poignée d’autres, la résistance à l’exécutif et à ses penchants autoritaires.
A son arrivée dans le hall d’un grand hôtel à Washington, le 20 octobre, il nous offre l’un de ses livres, fruit de son expérience d’ambassadeur en République tchèque, au début des années 2010. Intitulé The Last Palace (Broadway Books, 2018, non traduit), il s’agit d’une évocation de sa mère, rescapée d’Auschwitz, mais surtout de la résidence dans laquelle il vécut à Prague, à travers ses occupants passés. Fils de réfugiés ayant échappé à la persécution nazie, l’ancien diplomate n’a jamais perdu son attachement au continent européen. Il y observe avec inquiétude la montée des populismes nationalistes, en espérant que les électeurs américains vont provoquer un sursaut.
A quelques jours des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre, Norm Eisen, 65 ans, mesure la portée des enjeux. Ce scrutin ne ressemble à aucun autre. C’est au tour des électeurs de s’affirmer, face à un président jugeant illégitime toute limitation de son pouvoir.
« Les avocats ont fait partie du mouvement prodémocratique qui a sauvé jusqu’à présent la République. A compter du 20 janvier 2025 [investiture de Donald Trump], nous disposions d’un outil : les plaintes en justice. Pendant ce temps, tous les barons des médias et les milliardaires posaient le genou à terre et embrassaient la bague du président. Même des démocrates au Congrès se sont joints aux efforts du département de l’efficacité gouvernementale [DOGE, d’Elon Musk] », déplore-t-il.
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