NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
LE FIGARO DEMAIN - Cet aventurier de l’extrême, diplômé de l’ESCP, a préféré vivre de sa passion en faisant sa propre trace à deux roues dans les grands espaces que s’engager dans la carrière toute tracée qui l’attendait.
«Tu m’entends bien ? Car j’ai deux bonnets, il fait très froid ». Voilà comment démarre notre entretien avec Maximilian Schnell, un soir de mars. L’aventurier à vélo se trouve alors sous la tente, dans les Dolomites, à 200 mètres de la limite pluie-neige. Car la journée, il pédale. C’est plus fort que lui. D’ailleurs, il ne s’est pas arrêté de pédaler depuis dix ans. Il en est à 275 000 kilomètres parcourus à vélo dans une cinquantaine de pays.
Pourtant, son avenir semblait tout tracé à sa sortie de l’ESCP, après une prépa au lycée Henri-IV. Au terme d’une année en alternance chez Nature & Découvertes, il refuse le CDI qu’on lui propose. « Je n’étais pas plus motivé par cette vie professionnelle que par mes études et j’avais le sentiment que j’allais m’engager dans une voie toute tracée qui m’attendait ». « Quel gâchis ! », pense alors son grand-père, profondément déçu. « Je me sentais redevable à l’égard de mes grands-parents qui m’ont hébergé à Paris pendant mes études et cette incompréhension a précipité mon choix de lever le camp ».
Polyglotte, il a grandi dans cinq pays
Il faut dire que la bougeotte, Maximilian l’a depuis tout petit, malgré lui. Né en Italie d’une mère française et d’un père allemand, qui vivent aujourd’hui à Zurich, il a passé ses premières années entre l’Espagne, l’Allemagne et la Grèce. L’appel du large prend alors le dessus. Le jeune diplômé polyglotte, qui a déjà fait un déménagement à vélo en direction de Madrid quelques années auparavant, s’offre deux années de césure. Direction les Balkans et l’Afrique de l’Est, en vivant sur ses économies, provenant de ses livraisons à vélo dans la capitale et de traductions (vers l’allemand et l’espagnol).
En 2019, le nomade se lance son premier défi : la traversée de l’Amérique du nord au sud. « J’avais une forme d’insouciance que j’ai perdue», reconnaît le jeune homme aujourd’hui âgé de 32 ans. Par exemple, j’ai eu de la chance que l’Alaska soit praticable, alors qu’il est en principe encore complètement givré mi-avril ». Les journées s’enchaînent, à raison de 150 à 200 km par jour, suivies de soirées à plancher sur ses traductions. Après avoir traversé en duo les États-Unis du Canada au Nouveau-Mexique, via la Great Divide mountain bike route, l’aventurier se lance à l’assaut des Andes. Mais la chance tourne. C’est déjà fatigué par ce rythme et le bruit des cultures latines qu’il affronte seul le désert d’Atacama . Et là, rien ne se passe comme prévu.
Mésaventures dans le désert d’Atacama pendant le Covid
« J’avais 13 litres d’eau pour dix à douze heures de traversée, sans difficulté particulière ». C’était compter sans le désert de sel chilien, qui dessèche terriblement, outre la chaleur étouffante. « J’ai bu 5 litres la première heure et compris que je n’y arriverais pas avant la nuit glaciale . J’ai eu très peur». Le voyageur solitaire a beau faire du stop, aucun ouvrier de la mine de sel qui rentre en camion chargé ne s’arrête. C’est que le Covid-19 s’en donnant à cœur joie en Europe, ces derniers ont interdiction de s’approcher d’un étranger. Le salut lui viendra d’un chauffeur qui accepte de rouler lentement pour qu’il profite du phénomène d’aspiration en se collant derrière lui. C’est littéralement brûlé qu’il arrive à Santiago du Chili, où il réalise l’ampleur de la crise sanitaire. Le Français prend un des derniers avions pour Paris et passe le confinement à faire des livraisons.
Deuxième défi fou, en 2021 : cycliste aguerri, il ne passe pas inaperçu à l’assaut des trois grands tours mythiques d’Europe, la Giro, le Tour de France et la Vuelta, qu’il parcourt, à 24 heures d’écart avec le peloton, transferts inclus, en autonomie totale avec son chargement de 30 kilos. Mais une fois passée la première semaine en Espagne, à la fin, « c’était trop plat » pour ce grand blond au physique athlétique qui, près du but, faute d’adrénaline, rebrousse chemin, jugeant son défi relevé: 20 000 kilomètres pour 250 kilomètres de dénivelé en quatre mois et demi.
Autonomie et minimalisme
Rien de tel que la montagne en gravel. « Je pensais m’arrêter après mon “deux mille challenge” - 200 cols bitumés à plus de 2 000 mètres d’altitude des Alpes et des Pyrénées, à l’été 2023, mais cela m’a remotivé ». Car aujourd’hui, ce qu’aime ce nomade dans l’âme, c’est partager son mode de vie minimaliste et inspirer, même s’il ne se considère pas comme écologiste. Surtout, à force de créer des itinéraires avec bivouacs pour les autres, tant des particuliers que des organisateurs de randonnées et d’événements, dont il est l’ambassadeur, le traceur a fini par faire de cette passion son gagne-pain.
À lui la liberté, les bivouacs, les grands espaces et les rencontres avec des compagnons de route! Sans oublier aussi les journées sous la pluie, les nuits sous la tente ou sous un abri de fortune et les douches glacées l’hiver ... Très présent sur les réseaux sociaux, ses performances hors normes impressionnent. Des partenaires lui fournissent du matériel à tester, comme Decathlon, dont les ingénieurs de la R&D le surnomment « la machine à accélérer le temps », tant il met à l’épreuve ses vélos. Mais ce dernier tient à sa liberté et refuse d’être financé par du placement de produits, préférant se contenter de citer les marques qui l’équipent quand le contenu s’y prête.
Le vélo m’a donné confiance, il m’a rendu heureux, indépendant, libre
Maximilian Schhnell« J’étais complètement déconnecté de la réalité tant je me suis endurci . Je banalise ce que je fais et ai du mal à comprendre ceux qui souffrent en faisant des efforts , car c’est mon quotidien», réalise aujourd’hui celui qui apprécie une bonne douche chaude l’hiver. «C’est ça le plus dur. Je ne me voyais pas passer un hiver de plus dehors», reconnaît-il. Depuis qu’il est adulte, c’est la première fois qu’il est chez lui. Car après dix ans à pédaler sans interruption - avec seulement dix jours de répit - ce sans-domicile fixe vient de se poser avec sa compagne allemande. Nina, fiscaliste, s’est mise au vélo et le suit déjà depuis plusieurs années dans une partie de ses pérégrinations. Le couple a opté pour Balzano, dans le Sud-Tyrol, en Italie germanophone, au pied des Dolomites. Histoire de pouvoir lever le camp dès que la pédale démange Maximilian. En mai, il ira au mariage de son frère dans le Sud-Ouest... à bicyclette.
L’intéressé n’oublie pas la phrase de sa mère, à un de ses professeurs lui souhaitant de réussir dans la vie: «Je lui souhaite surtout d’être heureux», avait-elle alors rétorqué. «Le vélo m’a donné confiance, il m’a rendu heureux, indépendant, libre», écrit le cycliste des grands espaces dans une de ses nombreuses publications Instagram. Mission accomplie.
À lire aussi Découvrez les initiatives et acteurs du changement dans Le Figaro demain


3 month_ago
74


























.jpg)






French (CA)