NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Notre monde est en manque de promesses, à court de souffle, pris qu’il est dans la turbulence de puissances hégémoniques et rapaces. La crise écologique, avec ses ouragans, séismes, tsunamis, incendies, inondations, désertifications, pollutions et réchauffement climatique plombent l’avenir livré aux conséquences des actions néfastes sur l’environnement, sans souci pour la fragilité de la vie.
Les vagues migratoires qu’elle suscite inquiètent et alimentent la xénophobie et le racisme. La montée des extrêmes et la violence politique et sociale menacent l’État de droit et la démocratie. Les élites technos financières étalent avec outrecuidance leur richesse obscène, et étendent leur pouvoir sur la société. Cela pèse lourd et fait courber l’échine. Nombreux sont ceux qui se réfugient dans le monde virtuel, consolidant l’isolement et la résignation.
Cette histoire qui est la nôtre, le temps de Noël ne nous en sort pas ; ce récit lumineux et joyeux a pour arrière-fond le temps d’Hérode et l’Empire tentaculaire de Rome, dont il était un vassal sanguinaire. Il nous rappelle qu’à l’ombre des fanfaronnades sanglantes des maîtres du monde, assouvissant leur soif insatiable de pouvoir et de richesse, se dressent toujours des existences anonymes, courageuses et joyeuses, porteuses de vie, venant de tout horizon de croyance et d’espérance.
Ces vies ordinaires opposent, avec ténacité, le bien au mal, l’hospitalité à l’exclusion, l’humilité à l’arrogance et à la démesure, la fragilité à la volonté de puissance, le don de soi à l’égoïsme, semant ainsi des oasis de partage et d’entraide, qui font barrage à la désertification du monde. Noël nous les remet en mémoire comme un don de vie et la promesse de la naissance.
Miracle de l’agir
La philosophe Hannah Arendt voit le fondement politique de l’agir dans le fait d’être né. La naissance d’un enfant est en effet porteuse d’inespéré, d’une promesse de nouveauté, d’inédit dans le monde. Ce qui est, en même temps pour elle, le propre de l’agir : cette faculté caractéristique de la condition humaine, proprement « miraculeuse », comme la naissance, en ce qu’elle a le pouvoir de « commencer du neuf », rappelant aux êtres humains que, bien que mortels, « ils ne sont pas nés pour mourir, mais pour commencer ».
En ce sens, l’agir est le souffle de la démocratie, sans lequel elle n’est qu’une coquille vide, comme ces fausses cheminées aux flammes peintes qui décorent les salons.
C’est en entendant Le Messie de Haendel, en 1952, à Munich, qu’Arendt établit ce lien « ontologique » entre naissance et agir, comme elle en témoigne, bouleversée, dans une lettre à son mari. Plus précisément, au moment où, dans l’oratorio, est chanté le passage biblique traditionnellement lu durant la liturgie de Noël.
Ce passage évoque la naissance d’un enfant au milieu de la désolation de la guerre et de la désespérance et la promesse de nouveaux commencements qu’elle préfigure : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; et ceux qui habitent le pays de l’ombre de la mort, sur eux une lumière a resplendi. Oui, un enfant nous est né » (Isaïe 9,1.5).
Certes, la faculté d’agir est fragile, sujette à répression par ceux qui ne veulent pas de ses petits « miracles » au service du monde commun, lui préférant des solutions technocratiques qui laissent intact le statu quo au service de leur volonté de domination. Mais parce qu’elle est acquise par « droit de naissance », elle ne peut disparaître ; toute naissance nous la rappelle, porteuse d’une promesse joyeuse, celle de « sauver le monde de la ruine » — de briser le mur de la fatalité.
Promesse de la naissance
C’est cette promesse que porte au monde Noël. Et notre temps en a grand besoin, emporté par la déferlante technologie, au service des puissances financières et militaires, indifférentes à la crise écologique et à la déshumanisation du monde, dont elles tirent profit.
Les appels incessants à s’y soumettre comme à un destin inéluctable cherchent à nous détourner, comme un chant de sirènes, de notre fragile humanité. Mais renoncer à cette promesse ne peut que nous condamner à une vie servile, à la saveur rancie de cynisme et d’indifférence.
La promesse de la naissance, comme de l’agir, est liée à notre capacité de lutter contre le destin. Sa raison d’être est d’engager notre responsabilité collective à l’égard du monde, marqué par l’incertitude, et de nous lier les uns aux autres dans une action commune, avec la volonté ferme de s’y tenir dans le temps, afin que le monde demeure une habitation propice à l’approfondissement de notre humanité.
C’est veiller sur les conditions matérielles, symboliques et spirituelles, de la vie humaine digne de ce nom, et sur la vie elle-même, fragile en luttant contre ce qui l’obstrue, l’étouffe, la menace. C’est là un pouvoir non pas divin, mais pleinement humain, si bellement humain, selon l’Évangile, que Dieu, qui aime tant le monde, s’y associe et le soutient, dans un chant de louange et de joie : « Un enfant nous est né. »


5 month_ago
23



























.jpg)






French (CA)