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L’interprète de « Starships » n’a jamais été la plus démocrate des artistes, mais elle semble désormais plus que jamais ralliée à la galaxie MAGA.
Par Valentin Etancelin et Sarafina Spautz
EN BREF • Nicki Minaj a affiché son soutien au mouvement MAGA lors de l’AmericaFest, échangeant avec Erika Kirk, la veuve de Charlie Kirk.
• La rappeuse qui a loué Donald Trump qu’elle appelle « Papi Trumpo » n’en est pas à sa première sortie favorable au milliardaire.
• Ses déclarations pro-Trump contrastent avec ses déclarations passées et engendre une perte d’abonnés sur les réseaux sociaux.
31 000 fans chauffés à blanc. C’est le nombre de partisans de la galaxie MAGA qui se sont rassemblés à l’AmericaFest, grand rendez-vous annuel des conservateurs américains créé par feu Charlie Kirk, dont la dernière édition s’est clôturée ce dimanche 21 décembre. Le tout, en présence de… Nicki Minaj. Oui, la star du rap.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’interprète de Starships n’est pas montée sur scène pour défendre un potentiel nouveau tube, mais pour échanger avec Erika Kirk, la veuve de l’influenceur d’extrême droite. Au cœur de ladite discussion ? Des conseils à destination de la gent masculine.
« Jeunes hommes, a-t-elle soufflé au micro. Vous avez des rôles modèles extraordinaires comme notre beau et fringant président. » Le public est hilare. « Et vous avez d’autres extraordinaires rôles modèles, comme l’assassin J.D. Vance, notre vice-président », lance-t-elle, pas peu fière de sa comparaison avant de réaliser la bourde.
Silence dans la salle. Son intervieweuse, dont le mari ultra-conservateur a été assassiné il y a trois mois, reprend la parole. « Crois-moi, il n’y a rien de nouveau sous le soleil que je n’ai pas déjà entendu, la rassure Erika Kirk. Donc tout va bien. Il faut en rire, vraiment. On m’a traitée de tous les noms. Et tu sais quoi ? Dieu est si bon. »
Nicki Minaj et « Papi Trumpo »
Elle poursuit : « J’adore Nicki. C’est une femme extraordinaire. Elle a une âme et un cœur pour le Seigneur. […] Dis ce que tu as à dire, car je connais ton cœur et je ne te jugerai pas, ma sœur. » Ont ensuite suivi un appel aux garçons à être fiers d’être des garçons, et un message aux femmes blanches, que Nicki Minaj estime être aujourd’hui discriminées.
L’échange d’amabilités entre les deux célébrités peut étonner. Il s’agit en réalité du dernier exemple en date du soutien assumé de la rappeuse au camp MAGA, les « cool kids » pour reprendre ses mots, ce dimanche. Sur X, où Nicki Minaj revendique près de 26 millions d’abonnés, celle-ci a multiplié les clins d’œil au cours des derniers mois.
On l’y a vu envoyer des mèmes au vice-président des États-Unis, lequel estime celle-ci bien supérieur à sa rivale Cardi B, identifiée nettement plus à gauche. Contrairement à Sabrina Carpenter ou Ariana Grande, Nicki Minaj s’est, elle, enthousiasmée de l’utilisation d’une de ses chansons dans une campagne montrant Trump, qu’elle surnomme « Papi Trumpo ».
Kim Petras s’en mêle
Dans la foulée, c’est à Gavin Newsom, gouverneur de Californie et défenseur des personnes trans, qu’elle s’en est prise. « Imaginez être le type qui se présente aux élections parce qu’il veut voir des enfants transgenres [s’épanouir]. Même un adulte transgenre ne se présenterait pas pour ça », a-t-elle écrit à son sujet, estimant qu’il se prend pour Tom Cruise, « à la seule différence que sa prochaine mission EST impossible ».
De quoi susciter un tollé, y compris dans les rangs de l’industrie de la musique. « Les enfants trans sont en bonne santé, par ailleurs », a tweeté sans citer sa cible la pop star trans Kim Petras, avec qui Nicki Minaj a collaboré en 2023 sur le titre Alone.
Un mois avant cela, il était question du sort des chrétiens au Nigeria, fixette de Donald Trump, selon qui ils seraient stigmatisés par des courants islamistes. « Aucun groupe ne devrait jamais être persécuté pour avoir pratiqué sa religion, a pour sa part écrit la rappeuse sur X. Merci au président […] d’avoir pris cette situation au sérieux. »
Des mots qu’elle a répétés à la tribune des Nations unies, deux jours plus tard. Sur invitation de Tim Waltz, l’ambassadeur de Donald Trump à l’ONU, l’artiste trinidadienne de 43 ans, « très stressée », y a défendu l’action de l’actuel locataire de la Maison blanche pour « lutter contre l’extrémisme » et faire valoir la liberté de religion.
« We dit it Joe »
Il est loin le temps où Nicki Minaj - arrivée aux États-Unis « comme une immigrante illégale à 5 ans » (selon ses mots sur Instagram, en 2018) - se servait de ces mêmes réseaux sociaux pour dézinguer la politique anti-immigration de son pays à la frontière mexicaine, et notamment la séparation de milliers d’enfants de leurs parents.
Idem pour son féminisme et son ralliement aux LGBT +, à l’image de son concert en Arabie saoudite pour le Jeddah World Fest qu’elle a préféré décliner en 2019. Dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, on l’a aussi vu reverser les bénéfices d’un titre avec 6ix9ine à The Bail Project, une asso qui œuvre à verser des cautions à ceux qui n’en ont pas les moyens.
La même année, Joe Biden a été élu à la tête des États-Unis. Une victoire sur le clan MAGA, que Nicki Minaj a elle-même saluée. En témoigne une photo de Kamala Harris qu’elle avait partagée sur son compte X après l’élection, avec comme légende : « We did it Joe », clin d’œil aux mots de l’ex-vice-présidente dans une vidéo virale.
Mais, il y a un « mais ». Car derrière ces initiatives résolument progressistes, Nicki Minaj a longtemps entretenu un flou sur ses véritables convictions. En 2012, elle a critiqué l’Obamacare, puis rappé son soutien à Mitt Romney sur un featuring avec Lil Wayne, fidèle allié du camp républicain.
Nicki Minaj perd ses abonnés
Et si cette dernière trouvait déjà Donald Trump « hilarant » et « pas si puéril » sur certains points lors de sa première campagne, le ton contre les démocrates a vraiment changé en 2021, en raison de leur gestion de la pandémie du Covid-19 et des vaccins, qu’elle a accusés d’avoir rendu un ami de son cousin impuissant.
« Ses testicules ont enflé, a-t-elle tweeté. Il était à quelques semaines de se marier, mais voilà, la fille a annulé le mariage. Alors, priez pour cela et soyez certain d’être à l’aise avec votre décision, sans vous laisser intimider. » Des mots vivement dénoncés, comme dans cet article de The Conversation, qui alertait sur les dangers de la désinformation chez les célébrités.
Dans l’opinion publique, cela ne lui a pas coûté grand-chose. À l’inverse, plusieurs millions d’utilisateurs auraient arrêté de la suivre sur les réseaux sociaux depuis ses dernières prises de parole pro-Trump, d’après le Washington Post. Qu’importe, pour l’animatrice Emily Compagno de Fox News, elle a gagné la confiance de bien d’autres Américains. Ce dimanche, il y en avait au moins 31 000.


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