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Le Cameroun a un nouveau président du Conseil constitutionnel. Nama Remy a été nommé ce vendredi par décret présidentiel, quelques jours après la mort de Clément Atangana à l’hôpital américain de Paris. Abdoulaye Daouda, lui, entre au Conseil comme membre. Magistrat et haut fonctionnaire, le nouveau patron de l’institution venait du Secrétariat général de la Présidence de la République. La succession aura été rapide, trop rapide pour certains.
Un décret, deux nominations
Le décret est tombé ce vendredi. Il porte deux noms : celui de Nama Remy à la présidence du Conseil constitutionnel, et celui d’Abdoulaye Daouda comme membre de l’institution.
Le contexte, c’est un deuil. Clément Atangana, qui présidait l’institution, est décédé à l’hôpital américain de Paris. Le décret de remplacement est arrivé quelques jours plus tard. On attendait mieux qu’un silence aussi long sur les circonstances, mais le calendrier de la succession, lui, n’a pas traîné.
Rien ne confirme à ce stade la date de prestation de serment du nouveau président, ni celle de l’installation d’Abdoulaye Daouda. Le décret ne dit pas non plus si d’autres sièges sont concernés.
Une chose est sûre : le Conseil ne reste pas sans tête.
Qui est Nama Remy ?

Magistrat de formation, Nama Remy est un haut fonctionnaire camerounais. Jusqu’ici, il officiait au Secrétariat général de la Présidence de la République.
Son parcours au palais d’Etoudi est lisible. Il a occupé, ou occupe encore selon les sources, les fonctions de chargé de mission puis de conseiller chargé des affaires juridiques au sein des services de la Présidence. C’est donc un profil de l’intérieur du dispositif, pas un nouveau venu.
Il a aussi représenté la Présidence de la République au Conseil d’administration du Parc national de matériel de génie civil, plus connu sous le nom de Matgénie. Un détail technique, mais qui dit quelque chose du type de dossiers qu’il a eu à traiter : des structures publiques, de la gestion, du contrôle.
Son nom revient régulièrement dans la presse locale et sur les réseaux d’information, à l’occasion de dossiers administratifs ou judiciaires sensibles. On l’a cité, par exemple, dans l’affaire du Port autonome de Douala (PAD), ou à propos de fuites de documents administratifs. Citer n’est pas incriminer : rien dans les éléments connus ne le met en cause à titre personnel. Mais c’est un nom que les rédactions camerounaises connaissent.
Ce que change cette nomination

Il faut dire les choses simplement : le Conseil constitutionnel est l’institution qui tranche sur la régularité des élections présidentielles, législatives et sénatoriales, ainsi que sur la constitutionnalité des lois. Son président pèse donc lourd.
Le signal est clair sur un point. Le chef de l’État a choisi un homme de sa propre maison, un juriste passé par ses services, pour diriger l’institution. Personne ne s’y est vraiment opposé publiquement pour l’instant, et ce n’est pas surprenant : la nomination relève du décret présidentiel.
La question qui reste ouverte est celle de l’indépendance perçue. Un président du Conseil issu du Secrétariat général de la Présidence, c’est un profil qui nourrit forcément le débat, que l’on soit juriste, politique ou simple électeur. Mais ce débat ne dit rien, à lui seul, de la manière dont Nama Remy exercera sa fonction.
Quant à Abdoulaye Daouda, le brief ne donne aucun élément sur son parcours. Impossible, donc, de tirer des conclusions sur ce second profil.
Reste la prestation de serment, et les premiers dossiers à examiner. C’est là qu’on verra quel président sera Nama Remy.
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Christiane Tamoura Engo
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.


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