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Au second tour des municipales, certaines villes voient s’affronter cinq candidats. Si le mot «pentagulaire» circule abondamment dans les médias, il est pourtant fautif. Un rappel d’étymologie s’impose.
Passer la publicité Passer la publicitéAu lendemain du premier tour des élections municipales, plusieurs villes se retrouvent avec plus de trois, voire quatre candidats au second tour. Ainsi, Marseille ou Strasbourg ont vu dimanche soir des quadrangulaires se former, avec quatre candidats ayant obtenu plus de 10% des suffrages exprimés. Dans la dernière ligne droite menant à l’élection finale, ces configurations mêlent souvent stratégies et alliances politiques, faisant ainsi ressortir ce mot peu commun dans le paysage médiatique français. Mais quid des villes, à l’image de Paris ou Lille, ayant cinq candidats qualifiés ? Si le mot «pentagulaire» revient régulièrement, il est pourtant étymologiquement erroné de l’employer.
En effet, le mot vient du latin «angulus», qui signifie «angle» ou «coin», et qui a donné en français le suffixe -angulaire (comme dans «triangulaire», «rectangulaire» ou encore «quadrangulaire»). C’est ce même suffixe qui est employé pour les termes désignant ces configurations électorales à plusieurs candidats. Le préfixe, lui, doit suivre la même logique : il doit être d’origine latine pour demeurer cohérent avec la formation du mot.
Or, penta- est un préfixe d’origine grecque, tiré de «pente», signifiant «cinq». On le retrouve dans des mots comme «pentagone», «pentathlon» ou «Pentateuque», tous issus de la même racine hellénique. Accoler un préfixe grec à un radical latin constitue ce que les linguistes appellent un hybride étymologique, une faute de formation certes tolérée dans certains usages, mais que la rigueur désapprouve.
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Le terme correct est donc «quinquangulaire», formé du préfixe latin quinque, signifiant «cinq», et du suffixe -angulaire. Ce quinque latin est d’ailleurs bien connu : il est à l’origine de quinquennat (le mandat de cinq ans), de quinquagénaire (la personne ayant entre cinquante et cinquante-neuf ans) ou encore de quinquennal. Autant de mots où la latinité du préfixe ne souffre d’aucune contestation.
La même exigence vaut pour les configurations à six candidats : il faudra dire «sexangulaire» et non «hexangulaire», ce dernier empruntant là encore son préfixe au grec. Et pour sept candidats ? «Septuangulaire», du latin «septem», s’impose sur «heptangulaire». Cette confusion entre racines grecques et latines montre une tendance générale à puiser dans le grec pour former des néologismes, sans toujours vérifier la cohérence du mot créé. Ainsi, la prochaine fois qu’un commentateur politique évoquera, micro en main, la «pentagulaire» à Paris, vous saurez que le mot juste qui convient est «quinquangulaire». Un terme que Le trésor de la langue française et le Littré consignent bel et bien dans leurs pages.


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