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«On ne combat pas l’extrême droite avec la droite, même macroniste», a fait savoir, lundi, la campagne nantaise de La France insoumise, alors que la maire socialiste sortante, Johanna Rolland, pourrait être tentée par une fusion avec la liste de l’ex-député Renaissance, Mounir Belhamiti.
Gueule de bois à la mairie de Nantes. Il y a deux semaines encore, aussi bien Johanna Rolland (PS) que ses plus proches adjoints socialistes et écologistes raillaient en public l’hypothèse d’un premier tour qui verrait le candidat de la droite et du centre talonner la maire sortante. L’avertissement ainsi esquissé par un premier sondage était tourné en ridicule par les élus convaincus de leur assise au sein du bastion socialiste. Au soir du premier tour des municipales, dimanche, les visages goguenards de la veille ont pris, cependant, une expression grave, alors que le scénario du pire est bien advenu.
Récoltant à peine 35,24% des voix, l’union de la gauche portée par Johanna Rolland se trouve talonnée par la liste du candidat Les Républicains, Foulques Chombart de Lauwe (33,77%) et, dans une moindre mesure, par La France insoumise, représentée par William Aucant, qui a récolté 11,20% des suffrages. Naturellement, les négociations ont commencé dès dimanche soir en vue d’une éventuelle fusion des listes socialiste et insoumise. Elles étaient attendues. Réduire à un duel gauche-droite la triangulaire qui se profile serait le moyen le plus sûr de voir Johanna Rolland reconduite pour un troisième mandat. Lundi matin, le candidat LFI a cependant fait état de blocages dans les discussions. La maire sortante serait en train de courir plusieurs lièvres à la fois et aurait notamment négocié en parallèle avec la liste centriste de l’ex-député Renaissance Mounir Belhamiti (8,12%). Une ligne rouge pour les Insoumis.
Un dernier point d’achoppement
«Nous avons proposé de créer un front antifasciste. Or on ne combat pas l’extrême droite avec la droite, même macroniste», a commenté, pour Le Figaro, l’entourage de William Aucant. Lundi en début d’après-midi, l’équipe de campagne de Johanna Rolland se serait finalement engagée à ne pas fusionner avec la liste du candidat centriste, indique une source insoumise. Dans un communiqué diffusé à mi-journée, LFI notait qu’il ne demeurait ainsi plus qu’un seul point d’achoppement, et non des moindres. Les Insoumis nantais exigent de Johanna Rolland une fusion à la proportionnelle des listes, garantie d’une «équité démocratique» vis-à-vis du résultat des urnes. Ce qui supposerait de céder à des candidats insoumis plus du quart des places sur la liste de la majorité sortante.
Dans le camp d’en face, Mounir Belhamiti avait fait campagne sur le rejet des extrêmes, renvoyant dos à dos la droite de Foulques Chombart de Lauwe, jugée trop populiste, et La France insoumise. Fort d’un score important au premier tour, l’ancien député a renouvelé dimanche son opposition à toute alliance au sein d’une liste qui inclurait des éléments du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
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Johanna Rolland se trouve dès lors devant un choix. Fusionner avec La France insoumise et s’offrir un duel contre le candidat des Républicains, au risque de braquer les Nantais les plus modérés. Ou se rapprocher des centristes de Mounir Belhamiti et se conformer, à la ligne du Parti socialiste - dont l’édile nantaise est la numéro 2. Début mars, le PS a rejeté tout accord national avec La France insoumise, «compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement», en particulier celle de Jean-Luc Mélenchon, accusé de multiplier «les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables».
Lundi, en milieu de journée, Johanna Rolland ne semblait toujours pas avoir publiquement tranché son nœud gordien. La veille, lors d’une brève allocution depuis l’hôtel de ville, l’élue s’est dite favorable à un rassemblement de «toutes les forces de gauche, écologistes et humanistes» pour faire barrage à la droite. Dernière pièce du puzzle du second tour des municipales, à Nantes, la candidate Margot Medkour, qui présentait un programme proche de La France insoumise, s’est dite favorable à «une union démocratique» qui réunirait toutes les forces de gauche pour faire barrage à la droite. Sa liste a recueilli 5,53% des voix, ce dimanche.


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