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Talonnée par la droite, Johanna Rolland a expliqué son revirement en faveur d’une «fusion démocratique» avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Au même moment, les socialistes de Marseille poussaient les Insoumis phocéens au désistement républicain.
Passer la publicité Passer la publicitéSe faire violence, mais pour l’intérêt supérieur de Nantes. Plusieurs semaines après avoir annoncé qu’elle ne s’allierait pas avec La France insoumise, la maire socialiste sortante de la cité des ducs, Johanna Rolland, s’est livrée, mardi 17 mars, à un exercice périlleux : tenter de justifier son revirement politique, au lendemain de l’annonce d’une union avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pour le second tour des élections municipales. Une volte-face que l’élue a cherché à présenter comme l’unique solution face à une possible victoire de la droite à Nantes.
«En responsabilité, je fais un choix très clair. Je mettrai toutes mes forces dans cette bataille pour que cette droite dure, qui a fait le choix de superposer ses positions à l’extrême droite, ne dirige pas la ville demain», a indiqué Johanna Rolland, lors d’une conférence de presse organisée à la va-vite, dans le fond d’une brasserie du centre-ville. Sous quelques clichés des Tontons flingueurs, l’édile - flanquée de ses colistiers mais d’aucun Insoumis - a évoqué du bout des lèvres ses nouveaux alliés, préférant appeler à la «mobilisation générale» et continuer de travailler en férocité le candidat de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe. «Ne nous trompons pas dans la hiérarchie des batailles !», a-t-elle également appelé.
Miser sur des «valeurs communes»
Interrogée sur l’effet que ce rapprochement électoraliste avec La France insoumise pourrait avoir sur sa base plus modérée, Johanna Rolland s’est bornée à souligner les points de convergence entre sa social-écologie et La France insoumise. Soit «les valeurs d’humanisme», «un regard sur le progrès social» et, encore plus vague, le fait «d’être attachés à la prospérité de la ville». Mardi matin, les responsables des deux campagnes ajustaient les derniers détails d’une profession de foi censée cadrer la collaboration inédite entre les deux forces politiques. Une alliance d’autant plus baroque que cette «fusion démocratique» et technique ne s’accompagne pas d’un accord programmatique. Le candidat insoumis, William Aucant, a ainsi d’ores et déjà indiqué que le futur groupe LFI siégera dans l’opposition, au sein du conseil municipal.
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Malgré sa tentative de sauver les meubles en insistant sur les valeurs communes aux écolo-socialistes nantais comme aux Insoumis, ainsi que sur l’ennemi commun que représente la droite, Johanna Rolland fragilise, par cette manœuvre, son aile modérée. Plusieurs socialistes issus de la gauche républicaine, partisans d’un rapprochement avec la liste centriste de l’ex-député Renaissance Mounir Belhamiti - lui-même issu des rangs du PS nantais - n’ont pas caché leur déception face à la tournure des événements.
Ce mardi matin, le premier adjoint de Johanna Rolland, Bassem Asseh, s’est ainsi retiré de la liste de l’édile - tout en appelant néanmoins à voter pour elle. La veille, un autre poids lourd socialiste nantais et ancien collaborateur de Jean-Marc Ayraut, Pascal Bolo, a qualifié de «surréaliste» la proposition insoumise pour un «front antifasciste» à Nantes. «Il y a une autre voie, qui est pratiquée depuis 80 ans à gauche, au moins, et qui s’appelle le désistement républicain», a rappelé l’élu à l’antenne d’Ici Loire Océan. Désistement que le maire-candidat socialiste Benoît Payan a obtenu mardi, à Marseille, du député insoumis Sébastien Delogu. Et que Johanna Rolland n’a manifestement pas voulu - ou pas su - décrocher à Nantes.


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