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  • « S’intéresser à la vie locale » : sans médias de proximité, moins de raisons d'aller ...

L’association Les Relocaliseurs s’inquiète du recul des médias traditionnels, pourtant essentiels pour l’engagement démocratique des citoyens.

Charlotte Murat - Aujourd'hui à 19:46 | mis à jour aujourd'hui à 19:58 - Temps de lecture :

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Abstention supérieure à 42 %, forte poussée des extrêmes… Le premier tour des élections municipales a démontré une fois de plus le rejet du politique par une partie des Français et la forte polarisation des votes, obligeant les partis à de petits arrangements au niveau local pour espérer l’emporter dimanche. Ce résultat n’a en tout cas pas surpris Alexis Goujon, directeur général de l’association Les Relocaliseurs, qui milite pour la relocalisation des achats d’espaces publicitaires afin de préserver les médias locaux, indispensables selon lui à l’engagement démocratique des citoyens et à la lutte contre les GAFAM.

Plus les électeurs s’informent par les médias traditionnels, plus ils votent. Ainsi, 87 % des gros consommateurs de médias locaux déclarent voter à toutes les élections contre 62 % des non-consommateurs de médias locaux, constate une étude des Relocaliseurs et de la Fondation Jean-Jaurès publiée en novembre. Pourquoi ? « Parce que le fait de s’intéresser à la vie locale permet entre autres de comprendre le paysage politique et les programmes et conduit à vouloir s’engager par le vote », explique Alexis Goujon.

Or l’étude pointe le risque de voir émerger des « déserts médiatiques » en France, alors qu’un tiers des Français indique avoir constaté la disparition d’au moins un média dans sa région. Il n’existe pas d’observatoire exhaustif des médias en France. Mais dans un rapport publié à la veille du premier tour des municipales, Reporters sans frontières dénonce le fait que le nombre de départements français comptant au moins deux titres de presse détenus par deux groupes différents a été divisé par deux entre 2009 et 2019 (de 34 départements à 17) et que 108 agences locales ont disparu en dix ans.

Zones de « sous-information »

Aux États-Unis, la situation des médias traditionnels est étudiée de près par l’université de Northwestern (Illinois). Dans son dernier rapport sur l’état de la presse, elle indique que le quart des journaux américains a disparu en vingt ans, soit près de 3 500 titres, dont plus de 130 pour la seule année 2023. Résultat, un Américain sur cinq vit aujourd’hui dans une zone de « sous-information », où il n’y a plus aucun journal local ou seulement un hebdomadaire. « C’est dans ces zones que la participation électorale a le plus baissé et que les votes se sont le plus polarisés », précise Alexis Goujon.

Les grands responsables de la disparition des médias traditionnels sont les réseaux sociaux, dont le plus utilisé en France reste Facebook. Les utilisateurs y sont enfermés dans des bulles, qui participent à la polarisation des idées et à la diffusion des fausses informations. « Le fait que les institutions communiquent directement sur leurs réseaux sociaux donne également aux internautes le sentiment d’aller chercher l’information à la source, à l’heure où il y a de plus en plus de défiance dans la parole des journalistes », conclut Alexis Goujon.

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