Dans les petites communes qui avaient l’habitude de pratiquer le panachage, et où les électeurs n’avaient d’autre choix que voter pour une liste unique, près d’un bulletin sur dix n’était pas valide.

Jean-Michel Lahire - Hier à 19:02 | mis à jour hier à 19:36 - Temps de lecture :

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L’analyse des chiffres du scrutin communiqués par le ministère de l’Intérieur révèle une incidence du vote blanc et du vote nul deux à trois fois plus élevée dans les communes à liste unique. En moyenne nationale, 2,5 % des électeurs qui se sont déplacés dimanche ont voté blanc et 2,61 % ont déposé un bulletin nul dans l’urne. Dans les communes où une seule liste se présentait, la proportion de vote blanc (par rapport au nombre de votants) s’est élevée à 6,2 % et celle du vote nul à 7,8 %.

Le phénomène paraît logique. Plus les listes sont nombreuses, plus l’électeur a de chances d’en trouver une qui corresponde à ses sensibilités. Davantage qu’un désintérêt pour la vie publique incarné par l’abstention, le vote blanc traduit souvent une forme de protestation face à un choix jugé insatisfaisant - ou l’absence de choix.

Un vote est considéré comme blanc si l’enveloppe est vide ou contient un bulletin vierge. Le vote est considéré comme nul en cas de bulletin annoté, déchiré ou non réglementaire.  Photo  Sipa Un vote est considéré comme blanc si l’enveloppe est vide ou contient un bulletin vierge. Le vote est considéré comme nul en cas de bulletin annoté, déchiré ou non réglementaire. Photo Sipa

Participation plus forte en zone rurale

Un autre facteur semble avoir joué dans les communes de moins de 1 000 habitants : l’habitude de procéder au panachage, c’est-à-dire la possibilité d’ajouter ou de supprimer des noms sur une liste. La pratique est désormais interdite, sous peine de voir son bulletin considéré comme nul. Mais dans les villages qui pratiquaient encore le panachage aux dernières municipales, la proportion de bulletins nuls a atteint dimanche 9,5 % lorsqu’une liste unique se présentait. Le vote blanc était en revanche inférieur à la moyenne nationale, même dans les plus petites communes, dès lors que plusieurs listes se trouvaient en compétition.

Ce vote protestataire a parfois constitué le premier choix des électeurs. Du côté du vote blanc, le record a été atteint à Bagert (Aveyron), où près de la moitié des votants ont déposé dans l’urne une enveloppe vide malgré la présence de deux listes. Dans une quinzaine d’autres communes, dont certaines dépassent les 1 500 habitants comme Bruille-Saint-Amand (Nord), ce sont les bulletins nuls qui ont été majoritaires.

57,1%

La participation s’est établie à 57,18 %, chiffre historiquement bas si on fait abstraction des municipales de 2020, organisées en pleine crise sanitaire et marquées par une abstention record. On a beaucoup plus voté dans les campagnes que dans les villes. Dans les communes rurales, 63 % des électeurs inscrits se sont déplacés jusqu’au bureau de vote, contre seulement 53 % des électeurs des centres urbains.

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