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Dans la Manche, les réseaux sociaux prennent une place croissante dans la campagne municipale. Une experte en communication analyse leur rôle, leurs codes et leurs limites.
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Par David Capelle Publié le 20 mars 2026 à 9h04
À trois jours du second tour des élections municipales, la campagne ne se joue plus seulement sur les marchés, dans les salles des fêtes ou dans les boîtes aux lettres. Facebook, Instagram ou TikTok occupent désormais une place croissante dans la bataille électorale.
L’occasion d’interroger Cécile Dolbeau-Bandin, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Caen.
Les réseaux sociaux ont-ils pris une place nouvelle dans les campagnes municipales ?
Il y a aujourd’hui un usage un peu plus intensif des médias sociaux dans les campagnes municipales, mais cela fait déjà un certain temps qu’ils occupent une place importante dans les élections. Je dirais qu’il y a eu un tournant à partir de la présidentielle de 2012. Depuis, les responsables politiques y ont recours avec des équipes spécialisées et une communication professionnelle adaptée à ces supports.
À quoi servent-ils vraiment dans une élection locale ?
Ils servent à plusieurs choses en même temps : convaincre, montrer qu’on existe, mobiliser. Les médias sociaux permettent de toucher sa cible, son électorat, mais aussi d’autres publics. Encore faut-il en maîtriser les codes. Y être simplement pour y être ne sert à rien. Facebook, Instagram et TikTok ne fonctionnent pas de la même manière.
« Les codes de la scénarisation sont très importants »
Qu’est-ce qui fonctionne le mieux sur ces plateformes ?
Ce qui est très important, ce sont les codes de la scénarisation et du storytelling. Aujourd’hui, ce qui marque, ce sont des messages courts, des vidéos courtes, incarnées, où la personne se met en scène et va droit au but. Cela s’apprend. Il faut se préparer avant, pendant et après la campagne. Si un candidat utilise les réseaux sociaux avant l’élection, il doit aussi continuer, parce que les gens cherchent du lien.
Quelles en sont les principales limites ?
Il faut se protéger, modérer et sanctionner quand c’est nécessaire. Comme dans l’espace public, le respect doit s’imposer. Or, sur les réseaux sociaux, ce respect de l’autre diminue souvent. Lancer des rumeurs, dénigrer l’adversaire, cela peut nourrir l’algorithme, mais cela n’apporte rien au débat démocratique. Je trouve qu’actuellement, d’une manière générale en France, le débat public est très agressif, et cela ne reflète pas les valeurs de la République française.
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