En quoi consiste un désistement ? Quelle est la différence entre une fusion « technique » et « programmatique » ? Voici un glossaire du second tour, pour tout comprendre aux enjeux de la semaine.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 13:43 | mis à jour aujourd'hui à 15:12 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Le premier tour des municipales a livré son verdict : au vu de la poussée de LFI et de la bonne dynamique du RN, Les Républicains, les centristes et le Parti socialiste devront nouer des alliances dans de nombreuses villes s'ils veulent l'emporter au second tour, qui se tiendra dimanche prochain, le 22 mars. 

Dans les prochains jours, vous allez beaucoup entendre parler de "désistement", de "fusion technique", ou encore de "triangulaire". On vous explique dans cet article le vocabulaire politique qui domine l'entre-deux-tours.

Désistement, maintien, fusion...

Une liste ayant obtenu plus de 10% des voix est qualifiée au second tour. Mais elle peut se désister, c'est-à-dire ne pas se présenter afin de favoriser la victoire d'une autre liste. Le Parti socialiste appelle ainsi La France insoumise à se désister à Marseille en sa faveur pour éviter une victoire du Rassemblent national.

Autre cas de figure, une liste ayant obtenu au moins 5% des exprimés au premier tour peut "fusionner" avec une liste ayant récolté au moins 10%. Des candidats de la première sont alors intégrés sur la seconde, généralement en fonction des scores respectifs du premier tour. Cette fusion doit intervenir d'ici mardi 18 heures, heure limite de dépôt des listes pour le second tour. Le plus souvent, cette fusion est "programmatique" : ces listes s'accordent sur un programme commun afin de diriger la ville ensemble en cas de victoire. Mais La France insoumise plaide pour une « fusion technique » avec les autres partis de gauche, par exemple à Lyon. Des Insoumis seraient alors intégrés sur la liste mais ne siégeraient pas dans la majorité et formeraient un groupe à part, voire un groupe d'opposition.

Une septangulaire, cinq sexangulaires

Selon les calculs de l'AFP, sur l'ensemble du territoire (hors Polynésie), 1 771 communes ont vu plus de deux candidats qualifiés pour le second tour. En théorie, il pourrait y avoir une septangulaire (sept candidats) à Saint-Jean-de-Védas dans l'Hérault ; cinq sexangulaires (six candidats), dont Poitiers, Castres, Mulhouse et Saint-Lô ; 49 quinquangulaires, dont Paris, Lille, Villeurbanne, Limoges... 352 quadrangulaires, dont Marseille, Strasbourg, Aix-en-Provence, Nîmes, Le Mans et 1 097 triangulaires. Mardi soir, après désistements ou fusions de listes, ce chiffre sera fortement réduit.

Prime majoritaire

La liste arrivée en tête au second tour (ou au premier tour s'il n'y a pas besoin de second tour) obtient automatiquement "une prime majoritaire" de la moitié des sièges (15 dans une commune qui compte 29 conseillers municipaux par exemple). Les autres sont répartis à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés, y compris la liste arrivée en tête.

À Paris, Lyon ou Marseille, cette prime majoritaire ne sera que de 25% des sièges au lieu de 50%, ce qui fait que la majorité au conseil municipal sera moins forte. Au final, le maire est ensuite élu lors de la première réunion du conseil municipal, qui se tient au plus tard le dimanche suivant l'élection.

Articles les plus lusÉlections