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Municipales 2026 : à Pessac, la division de la droite et de la gauche rebat les cartes

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À Pessac, le maire sortant Franck Raynal (Horizons) est pris en tenaille entre l’ex-ministre macroniste, Bérangère Couillard et le député socialiste, Sébastien Saint-Pasteur.

Alors que le premier tour des élections municipales doit se dérouler ce dimanche, Franck Raynal (Horizons), le maire sortant de Pessac est lucide. «L’émiettement sur la ligne de départ donne l’impression qu’il y aura du monde au second tour , il est très difficile de faire des pronostics», déclare l’édile au Figaro. Et pour cause : face à lui se présente l’ex-ministre macroniste Bérangère Couillard, le député socialiste Sébastien Saint-Pasteur, une liste LFI menée par Philippe Jaouen, le candidat du RN Hervé Dossat, ainsi qu’Isabelle Ufferte, qui emmène pour la cinquième fois une liste soutenue par le Nouveau Parti anticapitaliste - Révolutionnaires. «Le maire sortant est très inquiet, car lors des dernières élections, en 2020, il a gagné à un peu plus d’une centaine de voix. Cette année aussi, je pense que cela va se jouer sur des petites choses», analyse cette dernière. Consciente que ce serait «une surprise» que sa liste soit au second tour, celle qui a déjà été élue par deux fois au conseil municipal prédit trois, voire quatre candidats au second tour.

Même écho du côté de Sébastien Saint-Pasteur, qui se positionne comme le premier challenger du maire sortant. «Il y a six listes, mais la fragmentation de la droite et de la gauche est un peu différente. Avec tout le respect que j’ai pour le NPA, ils n’ont pas la même dynamique que le RN dont le candidat fera sûrement 15% avec sa seule profession de foi, où apparaissent les trombines de Marine Le Pen et de Jordan Bardella», tance le député. Il espère que cela joue en sa faveur, d’autant qu’il refuse une alliance d’entre-deux-tours avec LFI. L’insoumis Philippe Jaouen, lui, ne ferme pas la porte à cette éventualité - qu’il juge toutefois «peu probable» - et estime avoir ses chances. «Nous avons rempli une salle de meeting équivalente à celle du candidat de l’union de la gauche, la dynamique est bonne», juge-t-il.

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Le RN pense arriver parmi les trois premiers

Plusieurs adversaires de Franck Raynal évoquent son exercice du pouvoir «unilatéral et trop vertical» pour justifier un «besoin d’alternance». Un angle d’attaque que Bérangère Couillard, qui présente une liste sans étiquette, tente d’exploiter. Huit élus, dont plusieurs macronistes qui avaient intégré la majorité via un accord partisan en 2020, l’ont ainsi rejointe. «Ce sont des personnes qui ont quitté Franck Raynal en raison de désaccord sur la gouvernance exercée», insiste l’ancienne ministre.

Avant de balayer d’un revers de main sa non-investiture par Renaissance, qui l’a conduite à quitter le parti présidentiel. «C’est une tactique : on échange Paris contre Bordeaux, Nancy contre Pessac. Je n’aime pas cette façon de faire des partis qui est déconnectée des habitants», tacle-t-elle. «Quand son parti lui a fait comprendre que ce n’était pas malin de diviser les forces à Pessac, elle a rendu sa carte. Quant à la greffe avec les macronistes, elle n’avait jamais prise», réplique Franck Raynal. Le maire sortant, veut aussi croire à une candidature de «ressentiment» car il avait refusé en 2020 à Bérangère Couillard, alors députée, de figurer sur sa liste. Il demeure clair que la femme politique pourrait engranger plus de 10% des voix, se maintenir au second tour et le faire perdre.

À leur droite, Hervé Dossat, Pessacais depuis trois décennies et candidat pour la première fois, s’affiche serein. «Je n’ai pas la prétention de renverser la table face aux ténors de la politique qui sont face à moi. Mon but est d’avoir au moins un joli rang d’élus bleu marine», déclare le retraité. Et c’est peut-être de son côté que Franck Raynal devra aller chercher des voix à l’issue du premier tour, dimanche, car c’est le seul qui ne lui ferme pas la porte. «Il est prématuré d’en parler», indique simplement le sexagénaire. Avant de conclure avec espoir : «Quand je rentre du marché, les tracts dans la poubelle près du tramway ne sont pas les miens. Je pense être dans les trois candidats de tête.»

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