À Marseille, la CPME a réalisé une grande étude. Neuf chefs d’entreprise sur dix se sentent délaissés par les pouvoirs publics. La moitié des petits patrons décrit l’état de son entreprise comme fragile ou en danger. Dans ce contexte, ils attendaient beaucoup de la campagne électorale, censée décider du futur maire. Mais ils ont été déçus.
Dans la cité phocéenne, les candidats ont passé beaucoup de temps à s’attaquer entre eux durant la campagne des élections municipales. Et ils n’ont rien proposé aux chefs d’entreprise, dénonce Nicole Richard-Verspieren, sommelière dans le centre-ville.
"C’est un oubli coupable. Les sujets économiques, je les cherche, c’est très grave. Oublier un pan de la vie de la commune qui est si important, c’est une faute politique."
Les chiffres noirs de l'économie
Pourtant, les "petits patrons" vont très mal, chiffre Emmanuel Cardozo, dans un enquête de la CPME 13 : "54% des dirigeants décrivent la situation de leur structure comme fragile ou critique. Les entreprises ne veulent plus investir. Elles ont peur et se demandent : Vers quoi vais-je ? Qu’est-ce qui m’attend demain ?".
Selon l'étude de la CPME, si les chefs d'entreprise reconnaissent l'impact des décisions municipales sur leur business, la majorité estime que les élus ne prennent pas en compte leur réalité.
Les causes de ce mal-être économique sont très nombreuses, à commencer par un sentiment d’abandon dans le centre-ville, témoigne Luc Mengual, patron de plusieurs salons de coiffure.
"On peut partir maintenant. Sur 100 mètres, on va trouver 10 ou 15 vitrines taguées. Il y a du vol, bien sûr, tous les jours, et c’est compliqué à endiguer. Du coup, quand il y a un sentiment d’insécurité, les gens n’ont pas envie de descendre en centre-ville pour faire leurs emplettes."
Les patrons de TPE/PME demandent également de la stabilité fiscale ou encore la régularisation des délais de paiement des commandes publiques.


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