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Le ministre des Affaires étrangères l’a dit dès ce lundi matin lors d’une conférence de presse qui faisait suite aux deux premiers jours d’une guerre qui embrase l’ensemble du Moyen-Orient. « Notre priorité absolue va à la sécurité des ressortissants français et de nos emprises », a déclaré Jean-Noël Barrot.
En l’espèce, le nombre de Français concernés est impressionnant, puisqu’ils seraient pas moins de 400 000 sur place, « résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région directement concernés par la situation ». « Je sais l’inquiétude de nos compatriotes sur place, je sais l’angoisse de leurs familles », a déclaré le ministre. À cette heure, aucun d’entre eux n’a été touché physiquement par les bombardements.
Espaces aériens fermés
Impossible de dire exactement qui ils sont. Ceux qui vivent sur place forment vraisemblablement la majeure partie de ce chiffre. Ils sont, pour la plupart, en Israël. Le ministère des Affaires étrangères évalue leur nombre à 220 953. Soit plus de la moitié des Français concernés. Pour eux, tout départ est actuellement impossible, car l’espace aérien israélien est fermé. Idem pour les 38 445 Français recensés à Jérusalem et en Cisjordanie.
À Dubaï comme dans tous les Emirats, les avions sont actuellement cloués au sol. Photo Sipa/Altaf Qadri
L’autre secteur comportant le plus de ressortissants français, ce sont les Émirats arabes unis. Le Quai d’Orsay y évalue leur nombre à 63 712 et il n’y a pas que les influenceurs qui y vivent. En effet, les secteurs de l’industrie du pétrole et des hydrocarbures, du luxe, du tourisme ou de la finance ont attiré de nombreux Français, pour certains avec le statut d’expatrié. On y trouve aussi des trafiquants de drogue, au nombre évidemment incertain. Ils ont principalement pris leurs aises à Dubaï, devenue un « havre pour les narcotrafiquants du haut du spectre », alertait en 2024 le rapport sénatorial d’Etienne Blanc et Jérôme Durain sur le sujet - 17 d’entre eux ont été extradés vers la France l’an passé.
Tous les Français actuellement aux Emirats sont bloqués. La zone a été touchée tout au long du week-end par des frappes iraniennes, et l’espace aérien est donc fermé. C’est également le cas pour les autres Français comptabilisés dans cette petite région du Moyen-Orient : 8 217 au Qatar, 1 385 à Bahreïn, 1 079 au Koweït, mais aussi 2 426 au sultanat d’Oman. Ils seraient par ailleurs plus de 24 400 au Liban, environ 600 en Irak, et 3 132 en Jordanie, l’un des rares pays de la région ayant encore son espace aérien ouvert, avec l’Arabie saoudite qui compte pas moins de 8 404 ressortissants. Sans oublier le millier de Français en Iran, parmi lesquels figurent Cécile Kohler et Jacques Paris, bloqués à l’ambassade de France.
L’hypothèse de « ponts aériens »
Face à un conflit qui ne fait que commencer mais qui pourrait durer, la voie d’évacuation privilégiée pour les Français sur place qui souhaitent partir est celle de la route, pour rejoindre un aéroport en fonctionnement, « lorsque c’est possible », précise Jean-Noël Barrot. Mais cela « n’est pas le cas dans tous les pays concernés », dit-il, sans pour autant dresser de liste précise.
L'heure est à la prudence, avant tout déplacement hasardeux. Le ministère des Affaires étrangères recommande ainsi aux Français des Emirats arabes unis « de suivre strictement les consignes diffusées par les autorités locales, de limiter leurs déplacements au strict nécessaire, et de se mettre à l’abri en cas d’alerte ». Ils seraient en tout plusieurs milliers de touristes de l’Hexagone ainsi coincés, en comptant ceux qui devaient faire escale dans le secteur pour des vols vers l’Asie et l’Océanie. Selon Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du Tour Operating, l’objectif est de mettre en place des « ponts aériens » via des hubs alternatifs comme Istanbul.
L'espoir commençait à revenir lundi, avec l'annonce par les aéroports de Dubaï d'une reprise « limitée » des vols dans la soirée. Mais Air France, de son côté, a décidé de maintenir jusqu'à jeudi la suspension de ses dessertes.
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En attendant mieux, le ministre des Affaires étrangères a appelé les Français concernés à se tenir informés de la situation par le site officiel France diplomatie, où « les consignes sont mises à jour quotidiennement ». Le ministre a également invité les Français « de passage », en vacances ou en transit, à s’inscrire sur le "fil d’Ariane". Il s’agit de la plateforme du ministère des Affaires étrangères qui permet de recevoir les alertes, mais surtout d’être enregistré auprès des autorités françaises, qui peuvent ainsi « vous localiser, si nécessaire », prévient Jean-Noël Barrot.
Selon le ministre, quinze postes diplomatiques - ambassades et consulats- sont disponibles pour leur venir en aide, appuyés par une cellule téléphonique d’urgence mise en place au Quai d’Orsay. « Près de 5 000 appels ont été reçus et traités, à Paris ou dans nos postes », a précisé ce lundi matin Jean-Noël Barrot.


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