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Mort de Khamenei : la diaspora unie par l’espoir, divisée sur l’avenir de l’Iran

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Au lendemain de l’attaque américano-israélienne en Iran qui a coûté la vie à l'ayatollah Ali Khamenei, deux rassemblements organisés simultanément à Toronto défendaient des intérêts et des voies différentes pour la suite des choses.

Alors que les partisans du fils de l’ex-shah exprimaient leur gratitude envers les États-Unis et Israël, d’autres membres de la diaspora étaient rassemblés pour appuyer le plan de transition du Conseil national de la Résistance iranienne, de l’opposante Maryam Radjavi.

Celui-ci prévoit l’installation d’un gouvernement provisoire pour la préparation d’élections libres dans un délai de six mois.

Portrait de Maryam Rajavi.

La présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), Maryam Rajavi. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / ALBERTO PIZZOLI

Elle veut la liberté, la démocratie, l’égalité, explique Khosrow Ziaei, qui souligne aussi la place importante des femmes dans le mouvement. 

Il dit avoir été emprisonné pendant le règne du dernier shah, Mohammad Reza Pahlavi, et ne pourrait jamais soutenir son fils.

Nous ne voulons plus de dictature, nous désirons avoir la liberté.

Khosrow Ziaei manifeste et brandit un drapeau.

Maryam Radjavi a un plan pour le changement, ce qu'aime Khosrow Ziaei.

Photo : Radio-Canada / Brice Petitfils

Hamid Gharajeh, de l’Iran Democratic Association, croit que Reza Pahlavi donne de faux espoirs au peuple iranien en lui disant qu’une aide arrivera de l’extérieur. Mais cette aide ne sera jamais capable d’instaurer une démocratie libre en Iran, soutient-il. Ça ne pourra jamais être fait par une intervention étrangère. 

Joie et espoir

De leur côté, les partisans du fils de l’ex-shah déposaient des fleurs devant le consulat américain et en scandant Thank you, USA . L’ambiance était à la réjouissance.

Murdad Esmaeeli comprend que les participants se réjouissent de l’intervention armée lancée tôt samedi, malgré les pertes de vies. Il reconnaît qu’il y aura des sacrifices, mais croit qu’ils sont nécessaires pour faire tomber le régime.

Ce régime tue bien plus de civils présentement que l’attaque des États-Unis et d’Israël.

Il pense que les manifestations qui ont lieu depuis deux mois, en Iran et à l’étranger, démontrent que le mouvement est uni.

Certains parlent d’une république, d’autres d’une monarchie, mais la première étape est de se débarrasser des mollahs et, après cela, nous pourrons tous sortir et déterminer ce que nous voulons lors d’une élection libre, croit Mirpourai Zarradi, qui raconte avoir été emprisonné pour ses convictions, en Iran, quand il avait 18 ans.

Maryam Bagi rappelle que son pays a besoin du soutien des pays occidentaux pour poursuivre sa lutte. Pendant 47 ans, ça a été très difficile pour nous, dit-elle, la voix chargée d’émotion. Alors, de pouvoir montrer que nous avons de l’espoir pour l’avenir, c’est incroyable! 

La difficulté d’unir et de rassembler

Miloud Chennoufi, professeur de relations internationales au Collège des Forces canadiennes à Toronto, pense que Reza Pahlavi ne jouit pas d'une légitimité sans conteste qui ferait en sorte qu'il serait accueilli comme un héros, de la même manière que [l’ayatollah] Khomeini l'avait été en 1979.

Reza Pahlavi.

Le fils du dernier shah d'Iran, Reza Pahlavi, se présente comme celui qui pourrait faciliter la transition vers la démocratie, si le régime tombe. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / JOEL SAGET

Les monarchistes, dit-il, bénéficient historiquement du soutien des Américains et sont proches d'Israël, mais ils n'ont jamais été capables de fédérer toutes les forces qui existent à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iran et qui souhaiteraient véritablement un changement.

De son côté, Maryam Rajavi est une autre force politique iranienne . M. Chennoufi ne croit pas que son mouvement ait lui non plus la capacité de ratisser large et de rassembler d'autres éléments de la classe politique, en Iran et à l'extérieur.

Ce sont deux forces qui ne sont pas représentatives, il faut bien le dire. On les voit, surtout Pahlavi, partout dans les médias occidentaux, mais ça, c'est un désir occidental beaucoup plus que le reflet d'une réalité.

Le spectre politique iranien est large et donc il comprend d'autres forces, poursuit-il, en ajoutant qu'une partie non négligeable de la société politique iranienne veut maintenir le régime. Il est fort probable que ça soit ce scénario qui se réalise, conclut-il.

À Téhéran dimanche, le régime s'est réorganisé à la suite de la mort du guide suprême et d'autres dirigeants en nommant un conseil de transition.

Avec les informations de Léo Molinié et de Jennifer Yoon, de CBC

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