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Morgane invente le premier aspirateur post rapport sexuel : "Un sujet hyper tabou"

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L'Azuréenne Morgane Joliveau a mis au point un appareil novateur pour stopper l'inconfort des femmes après les rapports sexuels. Elle est persuadée qu'il peut "changer des vies".

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Le prototype du Woumer (à gauche), appareil imaginé et crée par Morgane Joliveau.

Le prototype du « Woumer » (à gauche), appareil imaginé et créé par Morgane Joliveau. (©Morgane Joliveau)

Par Arthur Frand Publié le 14 mars 2026 à 8h44

Puiser dans son expérience personnelle est souvent la clé des bonnes idées. Mais encore faut-il oser. L’Azuréenne Morgane Joliveau, domiciliée à Vence (Alpes-Maritimes) a tout lâché pour se lancer dans l’entrepreneuriat après avoir fait un constat. Comme elle, de nombreuses femmes souffrent d’inconfort sexuel qui peut gâcher le quotidien. La jeune femme de 27 ans a mûrement réfléchi et a imaginé un appareil novateur et simple d’utilisation qui aspire les fluides après les rapports sexuels.

Après plusieurs tests, elle vient de mettre au point le prototype du « Woumer », qui lui a valu le premier prix lors d’un rendez-vous azuréen de l’entrepreneuriat féminin. Elle a lancé les précommandes en vue d’une commercialisation d’ici quelques mois. Morgane Joliveau présente son projet à actu Nice.

« Il n’y avait aucune solution adaptée saine »

Diplômée d’une école de commerce à Nice (l’IPAG), Morgane Joliveau n’avait pas vraiment prévu de faire « tapis » avec ses économies. Elle prévoyait plutôt d’acheter un bien immobilier dans la région. Mais l’Azuréenne a finalement créé son entreprise « Woum ». Tout part d’une réflexion très personnelle.

« Après mes rapports, j’avais une sensation d’inconfort, de gêne, d’humidité. J’ai vu qu’il n’y avait aucune solution adaptée et saine, je me suis dit qu’il y avait peut-être un besoin. J’en ai parlé autour de moi et j’ai vu que je n’étais pas seule. L’inconfort sexuel est un sujet hyper tabou. On ne parle jamais du post-rapport, de l’hygiène et comment on fait après », pointe Morgane Joliveau.

« Je devais calculer quand je pouvais avoir un rapport »

Cette dernière a longuement réfléchi. À tel point qu’elle a décidé d’imaginer sa propre solution. « Pour moi, à une certaine période, c’était devenu presque invivable, c’était une vraie préoccupation. J’avais des mycoses, cystites, vaginoses… Le préservatif était obligatoire avec mon ex-copain alors que j’avais un contraceptif. Je devais calculer quand je pouvais avoir un rapport sexuel, ça ne me donnait même plus envie car je savais que j’allais être embêtée. Je me suis renseignée aussi, ça peut poser des problèmes intimes, le pH du sperme est très alcalin et le pH d’un vagin en bonne santé est très acide. Quand les deux se mélangent, il y a un risque de dysbiose (déséquilibre du microbiote) », témoigne Morgane Joliveau, qui estime que le « Woumer » pourra, à terme, réduire les infections.

Ses nombreux échanges avec les femmes et les retours presque unanimes persuadent Morgane Joliveau de franchir le pas. « Toutes les femmes ne sont pas concernées. Un pipi, une douche et ça peut être ok. Mais avec certaines femmes, on se comprenait directement. Je n’avais pas besoin de plus détailler mon projet. Elles le ressentaient. Ce problème, on le gardait pour nous sans se plaindre. Mais il faut que ça change » argumente la Maralpine.

Mettre de l’argent de côté et foncer

En 2021, Morgane Joliveau se renseigne sur la faisabilité du projet mais se heurte à la réalité de la pratique et de ses coûts. L’Azuréenne travaille dans l’événementiel pour mettre de l’argent de côté. « L’idée est revenue dans ma tête et j’ai décidé d’y aller », explique-t-elle.

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Après avoir demandé à une amie de dessiner son « objet parfait », elle crée son entreprise Woum en novembre 2023 et s’entoure directement d’une avocate spécialisée en propriété intellectuelle, par crainte de se faire chiper l’idée. « Ce qui est un peu bête car c’est la réalisation qui compte », en sourit-elle. L’Azuréenne participe alors à un salon à Paris pour démarcher des entreprises et trouve rapidement preneur. « J’ai présenté le projet à trois entreprises françaises. J’ai eu un très bon feeling. Il n’y avait que des hommes en face de moi, et généralement, sans mettre tous les hommes dans le même panier, ils ne comprennent pas l’intérêt de l’appareil et ne me croient pas. Là, ils m’ont tout de suite écouté et se sont dit : ‘Il y a un sujet, on l’accompagne ».

Deux ans de tests ont suivi ensuite : design, puissances, tests sur des faux vagins puis en réel. Sept prototypes différents ont été créés. Morgane Joliveau a déposé un brevet, en avril 2025, pour matérialiser et acter sa création.

Un appareil qui se divise en trois parties

Le « Woumer », petit appareil ergonomique, se divise en trois parties : le manche assez fin pour avoir une prise en main parfaite lors de l’utilisation, un réservoir pour stocker les fluides et un embout qui aspire l’humidité, le sperme et toutes les sécrétions.

Une petite partie de l’embout seulement pénètre l'entrée du vagin sur trois centimètres. Il y a un bouton avec trois puissances d’aspiration. Une fois qu’on a aspiré les fluides, on détache et on nettoie l’embout. L’objectif est de ne plus avoir d’écoulement. Certaines femmes peuvent en avoir dans la journée, même deux jours après, c’est assez dingue.

Jusqu’ici, aucun autre outil équivalent n’était sur le marché. L’unique « solution » était celle des douches vaginales avec des poires de lavement. « Mais les gynécos déconseillent leur utilisation depuis longtemps. L’eau balaie toutes les bactéries du vagin, bonnes et mauvaises, ce qui crée un déséquilibre et des infections », justifie Morgane Joliveau.

Les précommandes lancées

Désormais, l’Azuréenne est dans une opération séduction. Pour réussir à produire et commercialiser le Woumer, elle doit encore cocher quelques cases. L’avenir du produit se joue maintenant avec une campagne de précommandes qui se termine le 10 avril.

« Le but est d’en vendre un maximum pour avoir une base financière. Il faudra ensuite compléter le budget pour financer l’outillage en faisant un prêt bancaire où grâce à des investisseurs. Cette prévente doit valider mon marché et montrer sa solidité », confie Morgane Joliveau, qui espère avoir 500 appareils précommandés.

Le produit sera ensuite testé en laboratoire pour valider sa conformité avant d’être commercialisé comme produit d’hygiène et de confort, dans un premier temps. Il sera ensuite envoyé à un panel de testeuses. « À terme, je souhaite qu’il soit utilisé comme un dispositif médical. Mais cela implique surtout une traçabilité et des coûts plus importants », précise Morgane.

« C’est un objet de confiance, qu’on garde plusieurs années »

L’entrepreneuse azuréenne, qui produit en France, à Lyon, souhaite vendre le « Woumer » via son site Internet mais aussi des boutiques spécialisées dans le bien-être féminin et les pharmacies à plus long terme. Le « Woumer », appareil novateur sera vendu autour de 139 euros. Il est actuellement proposé en précommande à 89 euros. « On a fait des sondages et c’était une demande des femmes. C’est un objet de confiance, qu’on va garder sur la durée, plusieurs années, en changeant juste l’embout », explique Morgane Joliveau.

La créatrice doit encore convaincre le plus de femmes possibles. Le Woumer s’adresse aussi aux hommes, un embout dédié à la pratique anale étant prévu.

Aujourd’hui, j’ai une communauté engagée et très active. Mais sortir la carte bancaire c’est autre chose. C’est nouveau, il faut convaincre les sceptiques, les femmes hésitantes, c’est normal. Mon produit est made in France et va répondre un vrai besoin. Il peut changer des vies sur le plan intime. Aujourd’hui, on met une grosse centaine d’euros dans un sex-toy pour son plaisir. Je me dis qu’on peut aussi le faire le Woumer.

Elle a remporté un premier prix

Sur le terrain en tout cas, l’appareil séduit déjà. Devant 300 personnes et face à 23 autres candidates, Morgane Joliveau a remporté le premier prix lors d’un concours de pitch organisé dans le cadre du forum OSE !, rendez-vous azuréen de l’entrepreneuriat féminin avec la CCI Nice Côte d’Azur. Un très bon indicateur. Elle sera accompagnée par l’incubateur Les décideuses durant un an.

« Pour l’instant, ce projet est un gouffre financier mais je suis à fond. Je ferai un point après la phase de précommandes. Si je n’atteins pas l’objectif souhaite, je me poserai la question de continuer le projet ou non. »

En parallèle, Morgane Joliveau a réalisé et publié « Le Guide du bien-être intime féminin » qui distille plein de conseils. Celui-ci est notamment en vente à la librairie Masséna à Nice et dans la boutique parisienne Pemlab.

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