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Quelques jours avant l’afflux de déménagements du 1er juillet, la Ville de Montréal a annoncé vendredi investir 540 000 $ pour rénover 45 logements vacants destinés à des personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir.
Ce financement vise à accélérer les rénovations pour rendre les premiers de ces logements disponibles d’ici la fin du mois d’août, et les autres, au cours du mois de septembre.
La mairesse Soraya Martinez Ferrada a expliqué favoriser la rapidité plutôt que la quantité pour permettre au financement d’avoir des retombées au plus vite. «Dans une crise comme celle qu’on vit actuellement, chaque logement, chaque unité compte», a-t-elle déclaré en conférence de presse.
«C’est 45 logements qui sont vacants depuis quelque temps, et ce qu’ils demandent, c’est un peu de plomberie, un peu de peinture et que les logements soient fonctionnels et rapidement sur le marché», a-t-elle ajouté.
Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), a salué l’annonce de la mairesse. «Il n’y a pas de petite annonce, surtout quand on permet de garantir une abordabilité réelle et immédiate pour des locataires pour qui c’est l’enjeu numéro un en ce moment», lance-t-elle en entrevue.
Elle souligne la nécessité de continuer à financer ce type de logements abordables. «C’est clair que ça prend d’autres mesures pour avoir l’effet structurant de tirer les prix vers le bas.»
Des logements abordables
Ces logements vides appartiennent à la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), le bras immobilier de la Ville. En tout, la SHDM est propriétaire de 5240 logements hors marché, dont 700 unités pour personnes vulnérables.
Le taux d’inoccupation des logement de la SHDM est de 2,3%, et 80 % des unités «nécessitent des remises en état ou des travaux majeurs», a précisé Sophie Rousseau-Loiselle, directrice générale de la SHDM, lors de la conférence de presse de vendredi.
Les 45 logements qui seront rénovés cet été sont gérés par des organismes à but non lucratif partenaires de la SHDM, qui s’occupent de la gestion et de l’accompagnement des locataires. Leur loyer mensuel moyen sera de 450$, selon Mme Rousseau-Loiselle.
Pour Véronique Laflamme, ce genre d’unités abordables doit être au cœur de la lutte contre la crise du logement. «Ce qu’on demande à la Ville, c’est de réserver les rares ressources publiques municipales en subvention, en terrain public pour du logement social et communautaires sous différentes formes, mais dont les loyers sont moins chers que le loyer médian du marché, pour ne pas contribuer, avec nos ressources municipales, à cette pression à la hausse sur les loyers», explique-t-elle.
Selon la recension du FRAPRU rendue publique plus tôt cette semaine, 279 ménages sont activement accompagnés par un service d’aide à la recherche de logement au Québec dans la région de Montréal. Au niveau du Québec, ce nombre s’élève à 2153.
Il y a un mois, Mme Martinez Ferrada avait annoncé une aide de 3,4 millions de dollars du trois ans pour aider l’Office municipal de l’habitation de Montréal (OMHM) à épauler les Montréalais à risque de perdre leur logement autour du 1er juillet. Entre la mi-juin et la mi-juillet a lieu l’«Opération 1er juillet» de l’OMHM pour venir en aide à ces Montréalais.
La mairesse de Montréal souligne toutefois le besoin grandissant de répartir les ressources tout au long de l’année. «L’enjeu du 1er juillet, bien qu’il est réel, s’est dilué dans le temps, a-t-elle souligné vendredi. On a des gens qui perdent leur logement le 1er mai, le 1er juin, ça va arriver le 1er septembre. [...] C’est un phénomène qui se retrouve vraiment toute l’année.»


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