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Montréal doit être plus ferme dans sa lutte contre les punaises de lit, selon un rapport

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Malgré les efforts de la Ville de Montréal pour resserrer ses contrôles en matière de salubrité dans les dernières années, les punaises de lit continuent de proliférer, particulièrement dans les immeubles à logements multiples mal entretenus. Dans un rapport rendu public vendredi, le Comité logement de la Petite-Patrie réclame une application plus stricte des règlements de lutte contre les infestations, mais également la création d’un registre public des propriétaires négligents ainsi que des actions pouvant aller jusqu’à l’expropriation dans les cas graves.

Les données de la Ville de Montréal révèlent qu’entre 2014 et 2024, les entreprises de gestion parasitaire ont fait 41 750 interventions contre les punaises de lit sur le territoire. Il reste cependant difficile de mesurer la réelle ampleur du problème car ce ne sont pas tous les exterminateurs qui déclarent leurs interventions. Sur le terrain, il ne fait pas de doute que les infestations sont en hausse après l’accalmie observée pendant la pandémie de COVID-19, affirme Mélanie Baril, organisatrice communautaire au Comité logement de la Petite-Patrie.

En 2018, la Ville de Montréal avait adopté un plan d’action de lutte à l’insalubrité des logements pour renforcer ses mesures de contrôle en augmentant notamment le nombre d’inspections, mais le comité logement juge ces actions insuffisantes.

Les punaises de lit ne sont pas seulement un enjeu de salubrité, mais elles peuvent aussi avoir des impacts majeurs sur la santé mentale des personnes qui sont touchées. Leur élimination requiert aussi l’intervention répétée d’exterminateurs. Or, la réalisation de traitements se bute à de nombreux obstacles sur le terrain.

Concierge pendant huit ans dans un immeuble de 55 logements de Rosemont-La Petite-Patrie, Michel Jobin a dû coordonner des traitements à répétition dans le bâtiment. Son appartement a fini par être infesté aussi. « C’était l’enfer. Ce n’était plus possible de dormir. J’ai dû jeter beaucoup de meubles », relate-t-il. « Il y avait des problèmes de santé mentale et d’insalubrité dans certains appartements. En général, il y avait une bonne collaboration des locataires, mais c’est très difficile de faire participer les gens qui ont des problèmes de santé mentale. » Après des années de traitements, les problèmes ont fini par se régler.

La Ville a le pouvoir d’imposer des amendes aux propriétaires négligents, mais les sanctions sont rares et peu dissuasives. « Engager des procédures menant à des amendes est extrêmement coûteux. Les montants ne sont pas suffisants pour que ce soit rentable pour la Ville de donner une amende », explique Mme Baril. La Ville va plutôt chercher à obtenir la collaboration des propriétaires, dit-elle.

Registre des propriétaires négligents

Le comité logement estime que la Ville de Montréal devrait être plus stricte à l’égard des propriétaires délinquants et qu’elle devrait augmente les amendes. L’organisme recommande la création d’un registre public des propriétaires négligents. Il va même jusqu’à suggérer à la Ville de retirer aux propriétaires « récidivistes » le droit de gestion de leur immeuble et de procéder à l’expropriation en cas de négligence grave. Il propose aussi un meilleur accompagnement des locataires en situation de vulnérabilité.

De son côté, le gouvernement du Québec devrait reconnaître les punaises de lit comme un enjeu de santé publique qui nécessite des interventions rapides, soutient l’organisme. Celui-ci presse également Ottawa d’obliger les gestionnaires parasitaires à signaler de façon systématique les infestations traitées.

Un champignon efficace

Plusieurs méthodes sont employées pour tenter d’enrayer les infestations de punaises de lit, comme les pesticides, la congélation et le traitement à la vapeur. Mais un nouvel outil s’est ajouté à l’arsenal : le champignon Beauveria bassiana. Autorisé par Santé Canada pour la lutte aux punaises de lit depuis 2020, ce biopesticide est considéré comme non toxique pour les humains et les animaux domestiques. Lorsqu’elles entrent en contact avec les punaises, les spores du champignon colonisent l’intérieur de l’insecte, qui meurt au bout de trois à cinq jours.

Vice-président d’Extermination Gagné, Riadh Zouaidia n’utilise plus les pesticides conventionnels et préfère le Beauveria bassiana pulvérisé sur les pieds des lits et le long des murs. Les meubles et matelas sont pour leur part traités à la vapeur.

Le champignon est très efficace et contaminera une punaise qui le touchera jusqu’à trois mois après l’application du produit, souligne M. Zouaidia. « La faiblesse du champignon, c’est qu’il meurt au contact de l’eau, des insecticides et du savon », dit-il. Le traitement au Beauveria bassiana est cependant beaucoup coûteux que celui misant sur les pesticides conventionnels.

Avec Sarah Boumedda

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