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Dans le Sahara marocain, le vent s’engouffre dans les daraas, tenues traditionnelles sahraouies, les crosses de tamari claquent sur le sable rocailleux, les cris de joie et de désespoir se répondent.
Le mokhacha se joue comme il s’est toujours joué, sans arbitre, sans tribune, sans règles écrites. C’est un hockey sur sable traditionnel, dont M’hamid El Ghizlane, dernier village marocain avant les dunes de l’Erg Chigaga, constitue l’un des foyers historiques. C’est dans ce village, en octobre 2025, au fil de mes échanges avec les jeunes, que j’ai découvert ce sport pour la première fois. Ils en parlaient avec fierté, mêlée toutefois d’une certaine inquiétude.
Le mokhacha s’inscrit dans le patrimoine sportif et culturel des peuples amazigh et touareg, pour qui le jeu a toujours occupé une fonction sociale et identitaire forte.
Photo: Raj Alaya Hans Lucas
Il s’inscrit dans un patrimoine sportif et culturel plus large, celui des peuples amazigh et touareg, pour qui le jeu a toujours occupé une fonction sociale et identitaire forte.
Il se transmet de joueur à joueur depuis des générations, sans fédération, sans budget, porté uniquement par ceux qui refusent de le laisser mourir.
Peu documenté, peu connu, même au Maroc, il est aujourd’hui en voie d’extinction. Pour moi, ces coutumes parlent d’un peuple et de ce qu’il choisit de garder, car leur disparition parle d’un monde qui veut oublier.
Voici des images de ce qui reste et ce qui cherche à résister.
Deux joueurs de mokhacha en tenue traditionnelle côte à côte avant une partie, à M’Hamid El Ghizlane, en avril dernier
Photo: Raj Alaya Hans Lucas
Des joueurs de mokhacha traversent un terrain sablonneux au crépuscule, crosse en main.
Photo: Raj Alaya Hans Lucas
Photo: Raj Alaya Hans Lucas
Des joueurs regroupés en cercle au sol pour discuter de tactique avant une partie de mokhacha.
Photo: Raj Alaya Hans Lucas
Si les joueurs de la jeune génération abandonnent, il ne restera personne pour maintenir la tradition de ce jeu. Même si, au premier coup d’œil, le mokhacha ressemble à une version désertique du hockey sur gazon, il n’a rien d’un sport venu d’ailleurs. Né au Sahara, il est porté depuis des siècles par les tribus nomades de la région, qu’elles soient amazighes, touareg ou sahraouies.
Photo: Raj Alaya Hans Lucas
La balle de mokhacha est faite en laine de chameau ou de dromadaire, et les bâtons, ou crosses, sont taillés à la main par les joueurs eux-mêmes dans du bois de tamaris ou de palmier.
Photo: Raj Alaya Hans Lucas


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