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Moins de baies dans la région gwich’in des T.N.-O., le climat en cause, selon une étude

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Les étés plus chauds et plus secs nuisent à la croissance des baies dans la région gwich’in des Territoires du Nord-Ouest. Ces résultats sont tirés d’une étude récente qui a impliqué des participants des communautés d’Aklavik, d'Inuvik, de Fort McPherson et de Tsiigehtchic.

C’est un changement important pour Annie Buckle, une aînée d’Aklavik. Enfant, elle se souvient d'une profusion de baies qui poussaient près de la communauté, permettant à sa famille de se nourrir abondamment.

Cependant, lorsqu’elle retourne aujourd’hui sur ses lieux de cueillette préférés, elle ne trouve plus que des plantes dépourvues de petits fruits.

C’est tellement sec qu'il n’y a presque pas de baies. J’ai marché longtemps pour essayer d’en trouver à différents endroits.

Annie Buckle et Wanda Pascal examinent une carte.

Annie Buckle et Wanda Pascal ont contribué à la recherche.

Photo : Fournie par G. Karki

Selon l’étude publiée (an anglais) (nouvelle fenêtre) dans la revue scientifique Botany, plusieurs membres des communautés en question ont vécu cette expérience.

Annie Buckle a contribué à la recherche en tant que participante et chercheuse communautaire. À son avis, ce projet permet de transmettre des savoirs d’une communauté à l’autre, ainsi qu’aux générations futures.

Pour la biologiste Claire Singer, auteure de l’étude, cette dernière fait partie d’un plus grand effort visant à documenter le savoir traditionnel autochtone sur les baies dans les T.N.-O.

Une perspective plus grande

Historiquement, les chercheurs ont rencontré des difficultés pour identifier les lieux et les conditions favorables à la croissance des baies, car ils se concentrent souvent sur des zones restreintes et isolées, selon l’étude.

Les communautés, explique Claire Singer, fournissent un éclairage plus vaste sur la région. Cette perspective élargie permet de discerner si les variations dans l’abondance des baies ne sont que des fluctuations temporaires ou bien des tendances émergentes liées au changement climatique.

Ces savoirs ne sont généralement pas écrits, alors [l’étude] est une étape cruciale pour comprendre l’état des baies dans les T.N.-O., ajoute la chercheuse.

Plan rapproché de petits fruits de la canneberge.

L’airelle rouge est répandue dans les T.N.-O. L’étude s’est principalement concentrée sur la croissance de l’airelle rouge, de la myrtille des marais, de la caramine noire et de la chicoutai. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Non seulement la quantité et la qualité des baies ont diminué en raison du changement climatique, mais l’accès à celles-ci est maintenant compromis. Selon les personnes interrogées, certaines rivières qu’elles utilisent pour se rendre sur les lieux de cueillette s'assèchent plus tôt dans la saison.

Ces découvertes ont également des répercussions indirectes sur les communautés, puisque plusieurs des espèces sur lesquelles les Gwich’in dépendent pour leur subsistance, telles que le caribou et l'orignal, voient elles aussi leurs sources de nourriture diminuer.

Conserver la tradition

Selon Annie Buckle, la cueillette est bien plus qu’une question de nutrition. C’est une pratique familiale qui permet aux communautés de rester en contact avec leurs territoires et leurs cultures.

Ma mère et mon père nous emmenaient tous pour cueillir des baies avant l’hiver. On les partageait aussi avec d’autres personnes, se souvient-elle.

Encore aujourd’hui, l'aînée prend du plaisir a préparer divers plats à base de baies pour ses proches.

Les participants ont également proposé diverses solutions afin de perpétuer ces traditions, notamment la mise sur pied de patrouilles contre les ours, le partage des coûts d’essence et l’enseignement aux jeunes de compétences sur le territoire.

Avec les informations (nouvelle fenêtre) de Yumna Iftikhar

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