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Modifier les limites des parcs albertains à des fins touristiques suscite des critiques

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La décision de l’Alberta de modifier les limites des parcs provinciaux et de réaffecter des centaines d’hectares à des stations touristiques ne passe pas du tout auprès des environnementalistes.

Pour ce faire, le gouvernement a modifié la loi régissant les stations de tourisme qui ouvrent durant toutes les saisons.

En vertu de la nouvelle législation, il a accordé 929 hectares de la zone récréative provinciale Evan-Thomas à la station Nakiska. Cette zone comprend des sentiers de randonnée, de vélo et de ski de fond près du village de Kananaskis.

Le gouvernement a également attribué 131 hectares du parc provincial de Spray Valley à Fortress Mountain, tandis que la station Castle a vu son assiette foncière augmenter de 54 hectares, qui ont été rognés du parc provincial du même nom.

Un paysage neigeux, en Alberta.

La station de ski Castle Mountain, dans le sud de l'Alberta, est autorisée, en vertu de la nouvelle loi provinciale sur les stations touristiques permanentes, à envisager de fonctionner toute l'année.

Photo : Radio-Canada / Brendan Coulter/CBC

Touche pas à mes parcs!

Sarah Elmeligi, biologiste spécialisée dans la faune sauvage et députée provinciale de Banff-Kananaskis, estime que modifier les limites des parcs provinciaux sape leur intégrité.

Selon Mme Elmeligi, qui est également porte-parole de l’opposition néo-démocrate de l’Alberta en matière d’environnement, il est essentiel de préserver ces terres publiques pour les Albertains.

Un parc, c'est une ligne de démarcation que nous traçons littéralement sur une carte et qui signifie que tout ce qui se trouve de l'autre côté de cette ligne sera géré et protégé. C'est une promesse faite aux Albertains.

Sarah Elmeligi

Sarah Elmeligi est biologiste spécialisée dans la faune sauvage et députée provinciale. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / François Joly

Katie Morrison, directrice générale de la Société pour la nature et les parcs du Canada dans le sud de l'Alberta, abonde dans le même sens en affirmant que le rôle d'une aire protégée est de préserver les écosystèmes, comme l'eau, les espèces en péril et la faune.

Elle estime que, si les limites sont « effacées d'un trait de plume » pour favoriser le développement privé, cela « dévalorise [...] les objectifs des aires protégées ».

Mme Morrison précise que l'objectif des terres protégées est de contribuer à atténuer le surdéveloppement régional : « Lorsqu'une aire protégée est créée, c'est dans un but bien précis. »

Une vue d'un paysage de montagnes de végétation, en Alberta.

La station Fortress Mountain s'est vu attribuer 131 hectares du parc provincial Spray Valley.

Photo : Radio-Canada / Greg Colgan/CBC

Trouver un équilibre

L'initiative de conservation Yellowstone to Yukon (Y2Y) travaille pour sa part avec le gouvernement albertain pour faire coexister les stations touristiques ouvertes toute l'année et la conservation.

Adam Linnard, l’un de ses responsables, recommande des normes élevées et des politiques fortes et claires en matière de désignation des stations touristiques ouvertes toute l'année.

Selon lui, cela permettrait de s'assurer qu'il n'y ait pas de perte nette de zones protégées et aussi d'évaluer l'incidence que les stations touristiques permanentes pourraient avoir sur l'utilisation des terres.

Il faut voir comment ce type de développement s'intègre aux autres [...] types de pression sur le paysage. Sinon, on ne prend pas une décision en matière de conservation, mais une décision en faveur de l'expansion de l'industrie [touristique].

La province défend sa décision

Dans un communiqué, Vanessa Gomez, attachée de presse du ministère provincial du Tourisme et des Sports, indique que les terres attribuées aux trois stations touristiques représentent moins de 0,03 % du réseau de parcs de l'Alberta.

Elle ajoute que, depuis 2019, le gouvernement provincial a augmenté la superficie des parcs provinciaux et des zones de loisirs de plus de 300 000 hectares.

Les mises à jour apportées aux parcs [...] apportent plus de clarté en alignant les limites sur des caractéristiques naturelles reconnaissables, telles que les rivières et les sommets des montagnes, et corrigent les erreurs administratives antérieures.

Quatre campeurs sont installés à une table de pique-nique, devant une caravane installée dans un terrain de camping de montagne.

Le sous-ministre adjoint au tourisme de l'Alberta, Paul Lamoureux, soutient que les terres publiques sont «gérées [...] dans l'intérêt des générations actuelles et futures». (Photo d'archives)

Photo : Gouvernement de l'Alberta

De plus, à en croire Mme Gomez, le gouvernement a organisé, en 2023, une consultation publique sur les stations touristiques permanentes, en incluant les communautés autochtones.

Tout en affirmant que ces consultations ont révélé un fort soutien, elle ajoute que les trois sites sélectionnés doivent encore faire l'objet d'une consultation supplémentaire et d'une étude environnementale.

Sarah Elmeligi revient à la charge. Bien qu’elle note que les stations touristiques ouvertes toute l'année peuvent contribuer à la croissance de l'économie touristique de la province, elle persiste et signe : modifier la cartographie des parcs à cette fin n'est pas approprié.

Avec les informations de Greg Colgan

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