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Menacée de fermeture, la patinoire du parc du Buisson suscite la mobilisation des citoyens du quartier Sillery, des parents et des membres de la communauté scolaire de l’École Montessori de Québec.
Le Journal de Québec révélait la semaine dernière que la Ville de Québec comptait, d’ici deux ans, fermer 19 patinoires sur son territoire.
De ce nombre, huit se trouveraient dans l’arrondissement de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, où est située la patinoire du parc du Buisson, à proximité de l’École Montessori de Québec.
Cette patinoire est un lieu de vie essentiel pour le quartier, peut-on lire dans un communiqué de presse émis mardi. Elle permet aux enfants et aux citoyens de pratiquer une activité physique quotidienne en plein air, d’adopter de saines habitudes de vie et de développer un mode de vie équilibré, actif et joyeux.
Lorsque les enfants sont sur la patinoire, sur l’heure du midi, ils sont dans la joie, ils sont occupés, ils sont actifs.

Janick Dumas est directrice générale de l’École Montessori de Québec.
Photo : Radio-Canada / Quentin Brunner
120 élèves occupent la glace chaque midi, précise-t-elle. Ils apprennent à jouer ensemble, à se respecter, à savourer la vie.
Elle demande donc à la Ville de Québec de revoir sa position et d’ouvrir un dialogue avec la communauté afin de trouver des solutions durables permettant de préserver ce lieu essentiel.
Afin de démontrer leur attachement à la patinoire, l’École Montessori de Québec invite les citoyens à participer à une mobilisation vendredi midi au parc du Buisson.
C’est contre mon ADN pis j’haïs ça, dit le maire
Il n'y a personne qui a envie de fermer une seule patinoire, a affirmé le maire de Québec Bruno Marchand, questionné lundi au sujet des 19 fermetures potentielles. C’est contre mon ADN pis j’haïs ça.
Financièrement, on ne peut pas garder un compte de taxes aussi bas et dire que ça n’a pas de conséquences.

Le maire de Québec Bruno Marchand en point de presse lundi.
Photo : Radio-Canada
Questionné à nouveau sur le sujet mardi lors de son point de presse pré-conseil, Bruno Marchand a affirmé que ce qu’on sait, c’est qu’il y en a peut-être qui sont moins achalandées que d’autres.
Est-ce qu’on peut trouver des solutions? Peut-être, laisse tomber l’élu. Est-ce qu’on va avoir, d’ici cinq à dix ans, de toute façon, à fermer des patinoires? La réponse est oui.
La tendance climatique, quand on regarde la science, nous dit qu’on va avoir le climat de Montréal. [...] Regardez les patinoires depuis cinq ans : elles ne sont pratiquement pas ouvertes et [les élus de Montréal] travaillent très fort pour en ouvrir certaines et espérer les garder quelques jours, quelques semaines lorsqu’il fait froid.
Si on s’en va vers ça, de poursuivre le maire, ça suppose de rationaliser et de mettre notre argent notamment sur les patinoires réfrigérées couvertes.
Par ailleurs, faisant valoir que les patinoires publiques font partie de l'ADN des gens de la ville de Québec, Stéphane Lachance, le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, dit avoir bien entendu le maire dire hier qu'il n'y avait pas encore de décision qui avait été prise.
À titre d'élu, je veux faire part de ma réflexion pour voir si ça peut l'aider dans sa prise de décision finale, tranche-t-il, invitant les citoyens à se manifester.
Je ne vois pas pourquoi on fermerait ça.
La mobilisation comme apprentissage
Je crois que le maire Marchand devrait venir voir de ses yeux et constater ce qui se passe ici, souffle Janick Dumas, signalant l’avoir récemment invité – en vain – à prendre le thé.
Il y a des délégations de Québécois qui vont dans les pays nordiques pour voir comment ça se passe dans les écoles [alors qu’on fait tout ce que le maire demande] : on enlève les écrans, on a de saines habitudes de vie, on est actifs physiquement, on mange bien, on bouge, fait-elle valoir. Nous, on le fait pour vrai, ce n'est pas juste des intentions.

120 élèves occupent la glace chaque midi, selon Janick Dumas. «Ils apprennent à jouer ensemble, à se respecter, à savourer la vie.»
Photo : Radio-Canada / Quentin Brunner
Hormis l’événement de vendredi midi, en guise de mobilisation, les élèves de 4e, 5e et 6e année vont faire une lettre argumentative qu’on va aller porter au maire, dit Mme Dumas. Les enfants de premier cycle vont faire des dessins signés.
Une pétition est également en train de circuler, ajoute-t-elle.
Si on ne réussit pas à sauver la patinoire, on aura enseigné aux enfants à se mobiliser de façon constructive et pacifique.


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