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CRITIQUE - En hommage à l’ancien président, mort il y a trente ans, ce biopic romancé retrace sa trajectoire par le prisme de sa vie sentimentale.
Passer la publicité Passer la publicitéDiffusée à l’occasion des trente ans de la mort de François Mitterrand, le 8 janvier 1996, cette minisérie écrite par Stéphane Pannetier (Les Disparus de la Forêt-Noire) et réalisée par Antoine Garceau (La Peste) place Denis Podalydès dans la peau du premier président socialiste de la Ve République.
Fondée sur le brûlot publié en 1994 par Pierre Péan, Une jeunesse française (Fayard), des documents d’archives et sa correspondance profuse, Mitterrand confidentiel portraiture l’homme politique par le prisme des remous de l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle et de son double mandat. Mais aussi, et peut-être plus encore, par celui des femmes qui ont traversé sa vie. Danielle Mitterrand, son épouse légitime, ici incarnée par Valérie Karsenti. Anne Pingeot, sa maîtresse (remarquable Judith Chemla) et la mère de Mazarine, dont l’existence sera révélée avec fracas fin 1994.
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« Acteur heureux », comme il s’est défini lui-même, auteur, metteur en scène et sociétaire de la Comédie-Française, Denis Podalydès n’en est pas à son premier essai dans le rôle d’une personnalité politique. C’est dans la peau de Nicolas Sarkozy, sous la direction de Xavier Durringer, qu’il s’est particulièrement illustré dans La Conquête. Comment peut-on, avec la même aisance, se glisser tour à tour dans la peau de deux figures politiques si radicalement différentes ? « Le jeu, rien d’autre que le jeu », répond le comédien. Il note toutefois que quinze années se sont écoulées entre les deux productions et ajoute : « Si j’ai embrassé ces rôles avec le même enthousiasme, j’ai toujours nourri de l’admiration pour François Mitterrand. J’avais tout juste 18 ans en 1981. J’étais socialiste. Mon premier bulletin de vote fut évidemment en sa faveur. Voir son visage apparaître sur l’écran de télévision résonne encore en moi comme l’une des plus grandes victoires du XXe siècle. »
Longs flash-back
Denis Podalydès traverse la série avec une précision d’orfèvre. De plus, Mitterrand confidentiel se compose de quatre épisodes très habilement écrits. Chaque partie ouvre sur un moment clé de la vie du « héros », puis navigue entre passé et présent au gré de longs flash-back au cours desquels le téléspectateur entrouvre autant de tiroirs qu’il y a de « sujets ». Sa famille, ses soutiens de la première heure, ses débuts de journaliste, la rencontre avec Anne Pingeot, les campagnes électorales, la Résistance, Vichy, l’attentat de l’Observatoire, une partie de Monopoly avec Mazarine, une dispute avec Danielle, le célèbre débat d’entre-deux-tours, en 1974, face à Valéry Giscard d’Estaing, la venue de Mikhaïl Gorbatchev à Latche (Landes), le cancer, les derniers mois de son second mandat et sa passion de l’écriture, qui permet de comprendre un peu mieux l’homme, sous le chapeau.
Sa correspondance avec Anne Pingeot, ce sont 1 200 pages de lettres et 700 autres d’un journal intime qui ont servi de socle à Stéphane Pannetier. « Il ne s’agissait ni de dérouler sa trajectoire dans le détail ni de décrypter le paysage et les enjeux politiques de son époque, mais de tricoter un récit qui renseigne sur la vie privée d’une personne dont on connaissait surtout les aspects de la vie publique », explique ce dernier. Il fallait aussi faire des choix. Celui de négliger sa relation avec ses fils, d’évoquer très brièvement telle ou telle crise pourtant majeure, d’omettre de montrer son côté calculateur, sa relation avec René Bousquet ou, a contrario, son amitié avec Robert Badinter. Certains raccourcis pourraient, à ce titre, être jugés gênants. N’oublions pas qu’il s’agit d’une fiction.


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