L’insubordonné perpétuel. Dans la pénombre freudienne de son salon, Michel Porret revoit l’adolescent qu’il a été, en pétard contre son père boulanger tyrannique et violent, en pétard contre l’école où il ne trouvait pas sa place. Impossible alors d’imaginer qu’il serait un jour un historien reconnu, professeur charismatique à l’Université de Genève, qu’il publierait des ouvrages sur le monde du crime au XVIIIe siècle et qu’il présiderait – depuis 2015 – les prestigieuses Rencontres internationales de Genève (RIG), qui ouvriront mardi 22 septembre l'édition de leur 80e anniversaire.
Improbable, ce destin? Pas sûr. Il faut voir Michel Porret, ses yeux où l’idéal est un pavois azur, son sourcil de tempête, ses épaules de mousquetaire jamais totalement assagi. C’est Cyrano de Bergerac qui vous reçoit. Les RIG étaient taillées pour lui, en vérité. «C’est le publicitaire Emile Bercher qui a lancé l’idée en 1945, aussitôt soutenu par le recteur de l’Université de l’époque, Antony Babel, et par des personnalités comme le chef d’orchestre Ernest Ansermet. L’ambition, c’était de contribuer à réparer l’Europe, en invitant les sommités de la scène intellectuelle à échanger. Il s’agissait de positionner Genève comme place forte d’un humanisme critique.»


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