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Le promoteur du projet de terres rares Strange Lake, dans le nord du Québec, défend la route d’accès qu’il propose de construire entre sa nouvelle mine et la côte labradorienne.
La route de 160 km scinderait le nord du Labrador en deux. L’entreprise Métaux Torngat reconnaît qu’elle soulève beaucoup de questions chez les résidents de la région.
On nous pose des questions très pointues. Les gens veulent savoir pourquoi on construit une route traversant le Labrador et quelles sont les autres options possibles, a indiqué mercredi Marilyn Butland, responsable des relations avec les parties prenantes à Métaux Torngat.
On aurait pu construire une route jusqu’à Schefferville, mais il aurait fallu traverser la rivière George et la route aurait été deux fois plus longue, a-t-elle expliqué pendant un discours au congrès minier MINEX, à Labrador City.
L’option retenue par Métaux Torngat aura le minimum d’effets sur l’environnement et le plus d’effets positifs sur l’économie du Labrador, soutient-elle.

Une carte montrant la route d'accès, en rouge, qui va relier la mine au port de la baie de Voisey. La ligne pointillée représente la frontière entre le Québec et le Labrador.
Photo : Métaux Torngat
Le projet Strange Lake, évalué à 2 milliards $, vise à produire des terres rares, notamment le dysprosium et le terbium, qui sont essentiels pour fabriquer des aimants permanents de haute performance utilisés par des éoliennes et des véhicules électriques.
Métaux Torngat, une société privée basée à Montréal, vise à transporter le minerai par camion sur une route d’accès reliant la mine, à 235 km au nord-est de Schefferville, jusqu’au port existant de la baie de Voisey. Lorsque les glaces hivernales disparaissent, le minerai sera transporté par navire vers Sept-Îles, où une nouvelle usine de séparation sera construite.
Des hélicoptères et, bientôt, un avion Hercule transportent des équipements vers le site de la mine, où la compagnie prépare un campement et prolonge la piste d’atterrissage.
Marilyn Butland souligne que le projet a déjà obtenu environ 165 millions $ en soutien d’Ottawa, grâce à divers programmes fédéraux, et que des discussions sont en cours avec cinq groupes autochtones de la région, ainsi qu’avec des résidents de Sept-Îles, alors qu’une étude de faisabilité tire à sa fin.
Radio-Canada rapportait plus tôt ce mois-ci que l’acceptabilité sociale du projet par des communautés innues, dont les Innus de Matimekush Lac-John, était loin d’être acquise.
Métaux Torngat indique que les évaluations environnementales à Terre-Neuve-et-Labrador seront lancées formellement d’ici juin et que la construction du projet commencera en 2027. L’entreprise pourrait lancer la production en 2028, selon elle, même si le PDG de Métaux Torngat a admis le mois dernier qu’il faudra possiblement attendre jusqu’en 2029-2030.
La nouvelle mine va occuper 59 hectares, soit une superficie beaucoup moins vaste que celle des projets de minerai de fer dans la fosse du Labrador. L’usine de Sept-Îles traitera seulement 115 000 tonnes de minerai par an, mais Marilyn Butland souligne la valeur importante des terres rares que la compagnie souhaite extraire.


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